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Tigré : au moins 10 morts dans des frappes aériennes sur Mekele

Des médecins transportent le corps d'une victime morte ou blessée d'une frappe aérienne à Mekele, dans le nord de l'Éthiopie, le 14 septembre 2022   -  
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Ethiopie

Dix personnes ont été tuées mercredi par deux frappes aériennes sur la capitale de la région dissidente du Tigré, selon des médecins, quelques jours après que les autorités rebelles ont ouvert la porte à des négociations de paix avec le gouvernement éthiopien.

Vers 4h30 GMT, deux bombardements de drones ont touché une "zone résidentielle" de Mekele et le bilan est de "dix morts", a déclaré à l'AFP Kibrom Gebreselassie, un responsable de l'hôpital Ayder, le plus important du Tigré, dans le nord de l'Ethiopie. Il a également fait état de 14 blessés.

Un chirurgien du même hôpital, Fasika Amdeslasie, a évoqué sur Twitter un bilan de dix morts et 13 blessés. "Parmi les victimes, un père est mort et son fils est en chirurgie", a-t-il détaillé. L'AFP n'a pu vérifier ces bilans auprès d'autres sources, les accès au Tigré, en guerre depuis novembre 2020, étant très restreints et les communications dans la région très difficiles.

Il s'agit, selon les autorités rebelles tigréennes, de la deuxième salve de frappes aériennes éthiopiennes sur Mekele en deux jours. Mardi, elles avaient accusé le gouvernement fédéral d'avoir bombardé avec un drone l'université de Mekele, faisant des blessés et endommageant des bâtiments. La chaîne de télévision Dimtsi Woyane, affiliée aux rebelles, a affirmé avoir été touchée et subi "de lourds dégâts humains et matériels".

Dimanche, les autorités rebelles s'étaient dites prêtes à des pourparlers de paix sous l'égide de l'Union africaine (UA), une option qu'elles avaient jusqu'alors toujours rejetée, dénonçant la "proximité" de l'envoyé spécial de l'UA, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, avec le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Elles ont également indiqué qu'elles étaient disposées à une "cessation des hostilités immédiate et mutuellement acceptée". Le gouvernement éthiopien, qui a toujours prôné une médiation de l'UA, n'a pas réagi à cette annonce, alors que la communauté internationale a exhorté les belligérants à saisir cette "opportunité" de paix.

"Le régime d'Addis continue de s'opposer à toute solution pacifique à travers des démonstrations de force et des raids aériens", a accusé sur Twitter Kindeya Gebrehiwot, un porte-parole des autorités rebelles issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Le gouvernement éthiopien, qui n'a pas répondu aux accusations à propos des bombardements de ces derniers jours, a toujours assuré ne viser que des cibles militaires au Tigré, et accuse le TPLF de mettre en scène des morts de civils.

Ces raids aériens interviennent après une reprise des combats dans le nord de l'Éthiopie depuis le 24 août, qui a fait voler en éclat cinq mois de trêve entre l'Éthiopie et ses alliés d'un côté, le TPLF de l'autre. Les deux camps se rejettent la responsabilité de la reprise des hostilités.

Des combats se déroulent au sud, à l'ouest et au nord du Tigré. Les rebelles accusent notamment les armées éthiopienne et érythréenne d'avoir lancé une offensive depuis l’Érythrée, pays qui borde le nord du Tigré et a déjà prêté main-forte aux forces fédérales lors de la première phase du conflit.

Le commandant des rebelles Tadesse Worede a déclaré dans un communiqué mardi que les forces érythréennes étaient entrées à Sheraro, ville du nord-ouest du Tigré proche de la frontière érythréenne. Ce retour de la violence a totalement interrompu l'acheminement routier et aérien de l'aide humanitaire au Tigré et dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar qui sont plongées dans la faim, selon l'ONU.

Le bilan de la guerre qui ravage le nord de l'Ethiopie depuis près de deux ans est inconnu. Le conflit a été marqué par des exactions sur les civils commises par les deux camps, a provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes et plongé des centaines de milliers d’Éthiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.

Il a éclaté en novembre 2020 quand Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix en 2019, a envoyé l'armée fédérale au Tigré déloger les autorités dissidentes de la région, les accusant d'avoir attaqué des bases militaires. Initialement défaits, les rebelles ont repris le contrôle de la majeure partie de la région courant 2021, lors d'une contre-offensive qui a débordé en Amhara et en Afar. Ils se sont ensuite repliés vers le Tigré.

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