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Guinée : les "Assises nationales" prônent une commission vérité

Guinée : les "Assises nationales" prônent une commission vérité
La police guinéenne arrête un manifestant le 28 septembre 2009 devant le stade de Conakry, lors d'une manifestation interdite   -  
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SEYLLOU DIALLO/AFP -

Guinée

Un forum initié par la junte au pouvoir en Guinée pour surmonter les divisions d'un passé troublé a recommandé mercredi d'accélérer la tenue des procès pour les violences politiques des dernières décennies et d'instituer une commission vérité.

Le chef de la junte, le colonel Mamady Doumbouya, instigateur de ces "assises nationales" vouées à réconcilier les Guinéens, a promis d'accorder une "attention bienveillante" aux 45 recommandations que lui ont soumises les co-présidents du comité national des assises lors d'une cérémonie en grande pompe à Conakry. Il ne s'est pas engagé davantage.

Le colonel Doumbouya, qui a pris le pouvoir par la force en septembre 2021 et s'est fait investir président depuis, dit ériger comme l'une de ses priorités de rassembler les Guinéens.

Depuis l'indépendance vis-à-vis de la France en 1958, les Guinéens ont été dirigés par des régimes autoritaires ou dictatoriaux, ont connu des périodes prolongées de répression et des violences politiques comme le massacre au cours duquel des soldats ont tué au moins 157 personnes, selon l'ONU, dans un stade de Conakry en 2009. Les dernières années d'Alpha Condé, premier président démocratiquement élu, ont été troublées par la contestation et la répression, qui ont fait des dizaines de morts entre 2019 et 2021.

L'homme fort guinéen a redit mercredi qu'il entendait "panser les profondes plaies et blessures" d'un "passé douloureux". Il a annoncé à cette fin le 31 décembre la tenue d'assises qui ont commencé à siéger en mars et remis leurs conclusions mercredi après avoir recueilli, selon leurs coprésidents, 4 796 témoignages.

Ces assises ont été boycottées par une bonne part de la société civile et de l'opposition refusant de servir de caution à ce qu'elles considèrent comme un artifice. Des critiques font valoir aussi qu'une commission de réconciliation s'était déjà longuement penchée il y a plusieurs années sur les décennies précédentes et avait formulé ses recommandations.

Les assises recommandent : la mise en place d'une "commission vérité et réconciliation" (comme il en a été créées dans différents pays africains), l'annulation de toutes les condamnations politiques, le jugement de tous les auteurs de violence et violations des droits humains, y compris les membres des forces de sécurité, régulièrement taxées d'impunité, a détaillé l'archevêque de Conakry, Mgr Vincent, coprésident du comité des assises avec l'imam de Conakry, El Hadj Mamadou Saliou Camara.

Elles demandent l'accélération des procès en attente, dont celui du massacre de 2009.

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