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France : l'écrivaine Halimata Fofana lève le voile sur l'excision

L’écrivaine Halimata Fofana brise le silence qui pèse sur le sujet de l’excision   -  
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STEPHANE DE SAKUTIN/AFP or licensors -

France

L’écrivaine Halimata Fofana brise le silence qui pèse sur le sujet de l’excision.

Elle-même victime de cette pratique dans son enfance, l’autrice française d’origine sénégalaise aborde une nouvelle fois dans un deuxième livre, le traumatisme qu’elle a subi au travers de l’histoire de Maya, son héroïne.

Interdite en France, l’excision est pourtant pratiquée sur près de 125 000 femmes. Mais bien que les violences faites aux femmes se soient imposées dans la société, le sujet de l’excision reste tabou.

"Ça, je pense que ça ne s'invente pas, la façon dont je décris la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) que subit Maya (le personnage de son deuxième roman, Eds.), c'est aussi la façon dont je l'ai subie... elle la subit un peu plus tard, moi je l'ai subie à l'âge de 5 ans. La façon dont les choses sont faites, de manière brutale et sans anesthésie, bien sûr c'est quelque chose que j'ai vécu et que j'ai voulu partager, pour faire comprendre aux gens ce qu'est une MGF sans être trash, c'est.... Je ne fais que décrire un acte atroce". a expliquél'écrivaine. 

Halimata Fofana apporte ainsi sa pierre à l‘édifice de la lutte contre l’excision en décrivant de manière factuelle la pratique et ce qu’elle engendre pour la santé mentale et physique des femmes qui en sont victimes.

Pour elle, l’acte s’apparente à un viol et à une intrusion dans l’intimité des femmes.

"J'appelle ça un viol parce que c'est l'invasion du corps d'une femme, sans votre consentement, dans votre partie la plus intime, c'est pour ça que j'appelle ça aussi un viol, mais en même temps, il y a une amputation quand on parle de mutilation génitale féminine (MGF). C'est les deux, c'est le fait que quelqu'un viole votre partie la plus intime sans rien vous demander et qu'on vous enlève quelque chose." a-t-elle ajouté. 

Aujourd’hui âgée de 40 ans, Halimata Fofana estime que c’est le devoir des victimes de lever le voile sur l’excision. Elle reconnait que ces dernières éprouvent des difficultés à parler par peur entre autres de dénoncer leurs parents qui perpétuent cette pratique.

"Souvent c'est fait par des femmes qui n'ont pas eu accès à l'école et donc c'est très compliqué de remettre en cause une tradition quand on n'a pas d'autre point de vue, quand on n'a qu'une seule voie, c'est très, très compliqué." a déclaré Halimata Fofana. 

Intitulé "A l'ombre de la cité Rimbaud" , le livre d’Halimata Fofana paraît aux Editions du Rocher. Elle y raconte le parcours de Maya, originaire du Mali et qui vit en banlieue parisienne, victime d'une excision à l'âge de six ans, lors d'un voyage à Bamako.

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