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Affaire du cambriolage : le président sud-africain répond aux accusations

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa   -  
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Sumaya Hisham/AP -

Afrique du Sud

Dans la tourmente après des accusations de corruption autour d'une embarrassante affaire de cambriolage, le président sud-africain a dénoncé jeudi de "sales coups" à quelques mois d'être investi ou non candidat pour un second mandat, lors d'une séance houleuse au Parlement perturbée par l'opposition.

Cyril Ramaphosa, 69 ans, est accusé d'avoir dissimulé à la police et au fisc un cambriolage datant de 2020 dans une de ses propriétés, au cours duquel d'importantes sommes d'argent en liquide ont été trouvées, cachées dans du mobilier.

Lançant à travers la salle "criminel", "blanchiment d'argent", les députés de la gauche radicale (EFF) ont empêché le chef d'Etat, qui devait appeler au vote du budget, de prendre la parole pendant plus d'une heure. Plusieurs d'entre eux ont été expulsés de la séance, certains de force. D'autres, qui participaient en ligne, ont eu le micro coupé.

Réclamant que le président fasse "toute la lumière sur ces accusations", le leader du premier parti d'opposition (DA), John Steenhuisen, a lancé: "En quoi êtes-vous si différent de votre prédécesseur?"

M. Ramaphosa, qui a succédé à Jacob Zuma poussé à la démission en 2018 après une série de scandales, est attendu sur le front de la corruption qu'il a promis d'éradiquer. M. Zuma est accusé d'avoir pillé les caisses de l'Etat lorsqu'il était au pouvoir (2009-2018). Une commission d'enquête ad hoc doit prochainement rendre ses conclusions.

Au détour d'un long discours centré sur les défis économiques, le président a dénoncé les "sales coups" et les "intimidations". Accusant ceux menacés par la lutte contre la corruption d'être à la manœuvre, il a assuré qu'il ne se laissera pas "dissuader par des menaces de quelque nature que ce soit".

Répétant que la lutte contre ce fléau reste "une priorité", il a martelé: "nous ne vacillerons pas. Nous ne cillerons pas. Nous terminerons ce qui a été commencé".

"Vente d'animaux"

L'affaire a éclaté la semaine dernière, avec une plainte déposée par l'ex-chef du renseignement, Arthur Fraser.

Selon celle-ci, en février 2020, des cambrioleurs s'introduisent dans une ferme appartenant à M. Ramaphosa, située au nord de Johannesburg. Ils y trouvent l'équivalent de 3,8 millions d'euros en espèces. M. Fraser avance que le président aurait "payé" les cambrioleurs "pour leur silence".

Les montants avancés sont très exagérés et l'argent dérobé était issu d'une "transaction financière claire liée à la vente d'animaux", a expliqué M. Ramaphosa le weekend dernier, dénonçant des "motivations politiques".

Ces accusations interviennent alors que l'ANC, parti au pouvoir, doit décider d'ici décembre de présenter ou non Cyril Ramaphosa comme candidat pour un second mandat à la présidentielle de 2024.

Mercredi, la médiatrice de la République, a annoncé l'ouverture d'une enquête publique sur l'affaire. Visée depuis le mois dernier par une procédure de destitution, elle a été suspendue jeudi par le président, avec effet immédiat.

Nommée par Jacob Zuma et régulièrement accusée de partialité, Busisiwe Mkhwebane a déjà déjoué plusieurs tentatives de la démettre de son poste. Ces dernières années elle a multiplié les enquêtes impliquant Cyril Ramaphosa, notamment sur des dons de campagne ou sur la base de vagues accusations de violation de l'éthique.

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