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Guinée : réactions aux accusations portées contre Alpha Condé

Alpha Condé   -  
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Guinée

La Guinée a annoncé mercredi qu'elle allait poursuivre l'ancien président Alpha Condé, renversé par un coup d'État militaire en septembre dernier, pour meurtre et autres crimes commis pendant son mandat.

Des habitants de Wanindara, un bastion de l'opposition à Conakry, où la police a tué des dizaines de personnes lors de manifestations contre l'ancien dirigeant Alpha Condé, réagissent aux accusations portées contre le président déchu selon un document fourni par un procureur.

Pour les associations qui viennent en aide aux victimes des 11 années de gouvernance d’Alpha Condé, cette nouvelle permet d'espérer que justice soit enfin rendue.

"Je pense que l’espoir est permis, le discours du colonel du 5 septembre est en train de se matérialiser, la justice sera la boussole désormais et elle orientera les citoyens, donc nous pensons que c’est une très bonne nouvelle pour les victimes et nous qui défendons les droits de l’homme et qui accompagnons ces victimes" déclare Ibrahima Aminata Diallo, président de l'organisation CONAPAID (Coalition Nationale des Acteurs pour la Paix et le Développement).

"On peut dire que la justice est impartiale, et nous sommes très content surtout quand nous voyons le président Alpha Condé qui s’est entêté pour forcer ce 3e mandat au prix du sang des Guinéens, qu’il soit traduit devant les tribunaux et que justice soit faite pour les victimes" ajoute-t-il.

"Ce qu'Alpha (Condé) a fait, nous ne pouvons pas l'oublier. Ce sont nos enfants et nos frères qui ont été tués depuis 2010 et jusqu'à présent personne ne peut estimer le nombre de victimes que lui et son gouvernement ont causé surtout sur cet axe. Il a divisé pour mieux régner, il a fait sa propre justice" a témoigné Abdoulaye Diallo, un résident de Wanindara.

Selon un document remis aux journalistes par le procureur Alphonse Charles Wright, M. Condé fait partie des 27 anciens hauts responsables poursuivis pour "meurtre, assassinat et complicité". Parmi les autres crimes présumés figurent la détention, la torture, l'enlèvement, les disparitions, le viol et autres abus sexuels et le pillage.

La liste des noms comprend un ancien président de la Cour constitutionnelle, des ex-présidents du Parlement, un ancien Premier ministre et de nombreux anciens ministres, législateurs et chefs des services de sécurité.

Dans un message à l'AFP, M. Wright, qui a été nommé par la junte, a déclaré que les poursuites avaient été lancées à la suite d'une plainte déposée en janvier par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), un groupe de coordination qui avait été le fer de lance des manifestations contre M. Conde.

La question de Condé

L'avenir de Condé est devenu une question majeure entre la junte et le bloc régional de la CEDEAO après le coup d'État. D'abord détenu, il a été autorisé à se rendre aux Émirats arabes unis pour un traitement médical en janvier, avant de rentrer chez lui le 10 avril.

Le 22 avril, la junte a déclaré qu'elle informait "l'opinion nationale et internationale que l'ancien président de la République est enfin libre", une affirmation contestée par le parti de Condé, le Rassemblement du peuple guinéen (RPG).

Riche en minerais, mais profondément pauvre et atteinte d'une réputation de corruption, la Guinée n'a connu que peu de périodes de stabilité depuis qu'elle a obtenu son indépendance de la France en 1958. De nombreux Guinéens ont initialement salué le coup d'État, mais le mécontentement grandit dans cette nation de 13 millions d'habitants.

Le 30 avril, le colonel Doumbouya a déclaré qu'il prévoyait de rétablir un régime civil en 39 mois, un délai qui a consterné ceux qui réclamaient des élections plus tôt.

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