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Le Rwanda dément tout soutien aux rebelles du M23 en RDC

Le Rwanda dément tout soutien aux rebelles du M23 en RDC
Des soldats congolais dans le Nord-Kivu, dans le nord-est de la RDC, le 10 mai 2021   -  
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ALEXIS HUGUET/AFP or licensors -

République démocratique du Congo

Après plusieurs mois de soupçons et des décennies de méfiance, l'armée de République démocratique du Congo(RDC) accuse clairement l'armée rwandaise de soutenir une rébellion dans l'est de la RDC, ce qu'ont démenti mardi les autorités de Kigali.

Dans la nuit de dimanche à lundi, le M23 ("Mouvement du 23 mars"), "soutenu par les Forces de défense du Rwanda (RDF), a mené des incursions et attaqué les positions des FARDC (Forces armées congolaises) de Tchanzu et Runyoni, dans le territoire de Rutshuru", a affirmé lundi en fin de journée le général Sylvain Ekenge, porte-parole du gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu. Selon des sources de la société civile dans la région, les combats ont repris mardi matin entre l'armée et ce mouvement rebelle.

Également appelé "Armée révolutionnaire congolaise", le M23 est issu d'une ancienne rébellion tutsi congolaise jadis soutenue par le Rwanda et l'Ouganda, pays frontaliers de cette province en proie depuis plus de 25 ans aux violences de nombreux groupes armés.

Défait en 2013 par l'armée congolaise, le M23 fait de nouveau parler de lui depuis novembre, lorsqu'il a été accusé d'avoir attaqué plusieurs positions militaires dans la région de Rutshuru. Le mouvement reproche notamment aux autorités de Kinshasa de n'avoir pas respecté des engagements pris pour la démobilisation et la réintégration de ses combattants.

Plus tard dans la soirée, le ministre congolais de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a employé le conditionnel mais néanmoins enfoncé le clou : "Il est temps de mettre fin à cette forme d'hypocrisie qui existerait ou cette forme de complicité entre le M23 et le gouvernement du Rwanda", a-t-il déclaré, "parce que nous, nous voulons regarder le Rwanda comme un pays partenaire, comme nous regardons l'Ouganda". Au vu des "affirmations de l'armée" de RDC, a-t-il ajouté, "mon collègue des Affaires étrangères invitera l'ambassadeur du Rwanda, pour qu'il vienne nous donner des explications".

Mécanisme de renseignement

"Nous réfutons catégoriquement les accusations sans fondement" de l'armée congolaise, a répliqué mardi dans un communiqué diffusé sur Twitter le gouverneur de la province rwandaise de l'Ouest, Françis Habitegeko. L'armée rwandaise "n'est en aucune façon impliquée dans les activités belliqueuses" en RDC, a-t-il ajouté.

Pour étayer ses accusations, le général congolais Ekenge a affirmé que deux militaires rwandais avaient été arrêtés durant les attaques de lundi et a précisé leurs identités : l'adjudant Jean-Pierre Habyarimana et le soldat de rang John Uwajeneza Muhindi, alias Zaje, du 65e bataillon de la 402e brigade des RDF. Pendant qu'il lisait son communiqué, les deux militaires présumés, habillés de vêtements civils, se tenaient à proximité et ont été montrés par la télévision congolaise.

Là aussi, le gouverneur rwandais de la province de l'Ouest a "contesté ces fausses allégations". Selon lui, les noms de ces deux hommes avaient été évoqués par la partie congolaise lors d'une réunion, le 25 février à Kigali, d'un mécanisme conjoint de renseignement (Joint Intelligence Teams).

"Manipuler l'opinion"

Ces deux hommes auraient donc été arrêtés "il y a plus d'un mois", a souligné le gouverneur rwandais, en affirmant de surcroît que l'armée rwandaise ne comptait pas dans ses rangs de soldats répondant aux noms mentionnés. Présenter ces deux hommes comme des soldats rwandais arrêtés lundi relève d'une "tentative de manipuler l'opinion", a-t-il estimé.

Depuis l'arrivée massive en RDC de Hutu rwandais accusés d'avoir massacré les Tutsi durant le génocide de 1994, le Rwanda a été régulièrement accusé par Kinshasa d'incursions au Congo et de soutien à des groupes armés dans l'est du pays.

Les relations se sont apaisées avec l'arrivée au pouvoir début 2019 de Félix Tshisekedi, qui a rencontré à plusieurs reprises son homologue rwandais Paul Kagame. Mais le regain d'activité du M23 a ravivé le soupçon.

Dans un communiqué publié ce week-end, l'ex-mouvement rebelle avait estimé que les opérations de l'armée congolaise "contre (ses) combattants traduisaient, sans doute, le choix définitif du gouvernement de la République d'en découdre avec le M23".

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