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Alpha Condé quitte la Guinée sur "autorisation humanitaire" de la junte

La junte guinéenne a autorisé l'ancien président Alpha Condé à rejoindre les Emirats Arabes Unis   -  
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AFP -

Guinée

Le président déchu de la Guinée, Alpha Condé, a quitté son pays pour l'étranger lundi avec l'accord de la junte au pouvoir qui confirme lui avoir accordé une "autorisation à titre humanitaire".

Les militaires rechignaient jusqu'à présent à laisser partir l’ancien chef d’Etat de 83 ans, redoutant des menées de sa part contre le nouveau pouvoir, mais les autorités actuelles assurent que des garanties leur ont été données quant à un retour effectif d’Alpha Condé dans un mois, après son séjour médical à Abu Dhabi.

Un fonctionnaire en service à l'aéroport international de Conakry a indiqué que M. Condé était parti à bord d'un avion privé. "On avait demandé à tous les travailleurs de l'aérogare nationale (près de l'aéroport international) de quitter les lieux", a-t-il dit, également sous le couvert de l'anonymat.

A la tête du pays pendant près de 11 ans, M. Condé a été renversé le 5 septembre 2021 par le colonel Mamady Doumbouya et ses hommes. Il a été détenu au secret pendant douze semaines, jusqu'à ce que la junte l'autorise à résider chez son épouse dans la banlieue de Conakry.

La junte passe pour avoir rechigné à le laisser quitter le pays, redoutant des menées de sa part contre le nouveau pouvoir.

Sa libération faisait partie des exigences de la Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao), avec la tenue d'élections dans les six mois. La Cédéao a suspendu la Guinée de ses instances et sanctionné individuellement les membres de la junte dirigée par le colonel Mamady Doumbouya, qui s'est fait investir président de transition.

Alpha Condé a été autorisé à quitter la Guinée alors que la justice vient d'ordonner l'ouverture d'investigations sur les crimes présumés commis sous sa présidence.

Le colonel Doumbouya a promis de rendre le pouvoir aux civils après des élections dont la date reste inconnue.

Les dernières années de M. Condé à la tête du pays ont été marquées, à partir de 2019, par un exercice de plus en plus autoritaire du pouvoir, selon les défenseurs des droits humains, face à une vive contestation contre un troisième mandat du président. La contestation, plusieurs fois brutalement réprimée, a fait des dizaines de morts civils et quelques morts dans les rangs des forces de sécurité.

La réélection de M. Condé en octobre 2020, vigoureusement contestée par l'opposition, a été précédée et suivie par des dizaines d'arrestations.

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