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Togo : un journaliste critique du gouvernement en garde à vue

Togo : un journaliste critique du gouvernement en garde à vue
Un journaliste fait face aux forces de sécurité, alors qu'elles se tiennent debout pour empêcher une foule de plusieurs centaines de journalistes.   -  
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DANIEL HAYDUK/Daniel Hayduk 2013 -

Togo

Un journaliste togolais critique du pouvoir a été placé jeudi en garde à vue pour des propos tenus lors d'une émission.

Ferdinand Ayité, le directeur de publication du bihebdomadaire l'Alternative, "est gardé à vue depuis hier pour des propos qu'il aurait tenus lors d'une émission sur une Web télévision", a déclaré Fabrice Pétchézi, président de l'Observatoire togolais des médias (OTM).

Deux autres journalistes ayant participé à l'émission devaient également être entendus vendredi par la Brigade de recherches et d'investigations (BRI), a-t-il précisé.Selon Me Elom Kpadé, l'avocat du journaliste interrogé par l'AFP, M. Ayité est accusé d'"outrage à l'autorité", de "diffamation" et "d'incitation à la haine de l'autorité".

"Il est gardé après des plaintes de deux ministres, suite à l'émission. Celui qui est chargé du dossier nous a finalement dit qu'il a été saisi par un réquisitoire du procureur", a-t-il déclaré.

L'Alternative est un journal de la presse privée togolaise, critique vis-à-vis de Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait dirigé le Togo pendant 38 ans.

Contacté par l'AFP, le responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières (RSF), Arnaud Froger, a dénoncé l'arrestation "illégale" et "dangereuse" de Ferdinand Ayité déplorant que "des journalistes soient auditionnés et détenus pour de simples critiques émises au cours d'une émission de télévision".

"Ce nouvel épisode vient assombrir un peu plus le bilan du Togo en matière de liberté de la presse cette année" où "les médias et journalistes critiques sont régulièrement intimidés, menacés ou sanctionnés", a-t-il poursuivi.

Dans le pays, les organes de presse sont régulièrement suspendus par la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) à la suite de critiques contre le gouvernement.

L'an dernier Ferdinand Ayité avait témoigné auprès du site d'informations Médiapart concernant le "virage sécuritaire inquiétant" des libertés publiques au Togo.

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