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COP26 : "L'Afrique peut devenir leader de la transition énergétique"

Au Mali, la sécheresse gagne du terrain sur fond de réchauffement climatique.   -  
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COP26

Le sommet de l’ONU sur le climat, la COP26 a ouvert ses portes ce dimanche à Glasgow en Ecosse. Beaucoup parlent de Sommet de la dernière chance. L'objectif est de contenir le réchauffement climatique en dessous des 1,5 °.
Mais pour certains pays ce sera déjà trop.

Thomas Sberna, est le coordinateur régional Résilience des côtes et des océans pour IUCN. Basé à Nairobi au Kenya, il est revenu avec Bridget Ugwe sur l'état des lieux de l’urgence climatique sur le continent.

"Il y a certaines régions du continent où on va avoir des températures qui augmentent une fois et demie plus rapidement que sur le reste de la planète, avec également beaucoup de sécheresse, voire même de grandes inondations qui vont directement affecter les populations locales, mais aussi l'agriculture, les activités économiques, les écosystèmes au quotidien.
Cela veut dire moins d'eau potable lors de grandes sécheresse, avec des effets sur la santé, voire même sur la vie des populations. Les productions agricoles vont rapporter beaucoup moins, entraînant des famines de plus en plus récurrentes. Cela affecte aussi les écosystèmes naturels qui, à la base, étaient producteurs de nourriture pour ces populations locales, comme par exemple, de poisson pour les populations côtières. Il vont avoir de moins en moins accès à ces ressources là. Et donc cela implique que leur vie est directement affectée".

Dans ces conditions, est-il encore possible de faire marche arrière ?

"La réalité, c'est que ce n'est pas possible, vraiment, de faire marche arrière. Il y a de fait une sorte d'inertie dans le climat qui fait que ce qui a déjà été émis va avoir un effet sur le climat pour les centaines d'années à venir.
Pour le moment, on a encore une très courte fenêtre d'opportunité pour éviter le pire. Cela veut dire qu'on ne va pas faire marche arrière, mais qu'on va éviter des scénarios qui deviendraient insupportables pour les populations locales, avec des impacts terribles sur le continent et sur le reste de la planète".

Difficile de se concentrer sur les enjeux environnementaux lorsque la première des priorités reste la survie. L’Afrique est le continent qui produit le moins d’émissions de gaz à effet de serre, pourtant on lui demande les mêmes efforts qu’à d’autres continents qui ont pu s’appuyer sur les énergies fossiles pour se développer. Pour certains, l’Afrique devrait être autorisée à rattraper son retard.

_"L'Europe est déjà allée beaucoup trop loin sur un système qui, on le voit bien, ne fonctionne plus, n'est pas durable. Il va falloir que l'on fasse quasiment marche arrière pour ensuite tout changer dans la manière dont nous vivons et reprendre sur la bonne voie. L'Afrique, elle, n'est pas encore trop engagée dans cette voie, donc cela sera beaucoup plus simple pour le continent de faire cette transition énergétique écologique. En plus de cela, l'Afrique a cet atout absolument incroyable de la jeunesse de sa population. Une population très volontariste, engagée, et consciente de ces enjeux, avec une énergie, une volonté de prendre en main son futur.
Aujourd'hui, il y a vraiment tous les ingrédients pour que l'Afrique devienne le continent leader sur cette thématique".