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Eswatini : le désaccord monte envers la monarchie

Le roi d'Eswatini Mswati III   -  
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LUDOVIC MARIN/AFP or licensors -

Eswatini

Depuis l'annonce de l'interdiction des manifestations contre la monarchie, la colère monte en Eswatini. À Manzini, le centre économique du pays, nombreux sont ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts en raison de la rareté des emplois et d'années de récession économique.

"Je gagne environ 50 euros par mois, mais je dois parfois rembourser certains débiteurs à la maison à cause des dettes que j'ai contractées, car je dois nourrir mes enfants", détaille Jabulile Dlamini, une vendeuse de légumes.

"Il ne se soucie pas de nous", continue Jabu Chauca, ouvrière dans une usine de textile. "Il collecte de l'argent seulement pour lui et sa famille."

Selon la Banque mondiale, près de 60 % de la population vivait déjà sous le seuil de la pauvreté avant la pandémie, qui a encore aggravé la situation.

Pour le secrétaire général de PUDEMO Wandile Dludlu, "c'est le résultat de diverses dynamiques. La pauvreté, le sous-développement, ainsi que, je pense, les effets de Covid-19, qui exposent aussi, vous le savez, de façon évidente, ce système qui ne se soucie pas de la population. Et bien sûr, tout cela est dû à l'environnement politique fermé et hostile qui est précipité par le système royal."

La monarchie interdit les partis politiques au parlement. Les ministres sont nommés par le roi, qui est également l'actionnaire majoritaire des plus grosses entreprises du pays.

"Nous avons maintenant besoin d'un nouveau leader", explique Thandeka Lukhele, également ouvrière textile. "Pas du roi. Peut-être une démocratie, parce que dans une démocratie, nous avons quelque chose à dire si nous n'aimons pas ce qui se passe. Maintenant, nous n'avons pas à dire quoi que ce soit quand nous avons des problèmes. On se contente seulement des ordres du roi."

Avec près de 52 millions d'euros de salaire annuel, le roi est accusé de vider les caisses publiques. Depuis juin, les habitants manifestent malgré la répression et demandent la tenue d'élections. La promesse de réforme faite par les autorités ne semble pas convaincante aux yeux des activistes.

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