Sénégal
Invivable pour les locataires au revenu modeste comme Mouhameddine Fall. Pour un petit studio d’une chambre avec deux toilettes et un salon, ce jeune marié doit, par exemple, débourser 150 mille francs par mois.
« J’indexe directement le gouvernement qui est en place. Il y a quelques années en arrières, ils avaient opté pour une politique de diminution du loyer, sauf que ça n’a duré malheureusement que quelques mois. Mais aujourd’hui, ça passe de 100 mille à 150 mille, à 200 mille, donc ça progresse alors que les salaires régressent. »
La loi votée à l’Assemblée nationale en 2014 était justement sensée soulager les locataires. Elle imposait une réduction de 29% sur les logements de moins de 150 mille francs, 14% sur le loyer entre 150 mille et 500 mille et 4% à un million et plus. Mais ce réajustement sur la base de la surface corrigée n’a fait que compliquer les choses comme l'explique Omar Diallo, directeur du Commerce intérieur.
« Les matériaux de construction, les investissements qui ont été mis dans le dispositif du bâtiment, et la conjoncture aidant, le système de calcul tenant compte de tout ça, a été réajusté dans certaines zones de Dakar, si vous aviez un loyer qui a été baissé de 29% et qui vous revenait à 150 mille, par exemple, ce même loyer de 150 mille, une fois que le bailleur a établi sa surface corrigée, vous revient à 175 mille. »
-Un échec de l'état-
Des explications qui passent mal chez les locataires. Selon Mansour Sall, président de l'association des locataires du Sénégal, l’Etat a tout simplement échoué.
« La loi de 2014 a été un échec lamentable. Pourquoi ? Parce que simplement l’Etat n’a pas mis les moyens qu’il faut pour surveiller, mettre des garde-fous pour que cette loi soit bien encadrée. L’Etat n’a rien fait qui puisse aider aussi bien les bailleurs que les locataires pour que cette loi soit respectée. Donc, on est retournée à pire que ce qu’il y avait avant c’est-à-dire une hausse vertigineuse des prix du loyer, à Dakar plus particulièrement. »
Aujourd’hui les locataires ne savent plus sur qui compter à part les réseaux sociaux et les médias. Mais pour l’heure, ça ne suffit pas à freiner l’appétit des bailleurs plus insatiables que jamais.
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