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Djibouti : au moins trois morts dans des violences intercommunautaires

Djibouti : au moins trois morts dans des violences intercommunautaires
Photo d'illustration : une section du marché principal dans la capitale Djibouti, le 8 avril 2021   -  
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TONY KARUMBA/AFP or licensors -

Djibouti

Des violences entre communautés au cours desquelles la police est intervenue ont entraîné la mort d'au moins trois personnes dimanche à Djibouti, où les incidents de ce type sont extrêmement rares. Les violences, qui ont impliqué des Issas et des Afar, les deux grandes communautés de ce pays de la Corne de l'Afrique, se sont produits dans plusieurs quartiers de la capitale Djibouti-ville.

"Il a été constaté plusieurs actes criminels d'une extrême gravité. En effet, des maisons ont été incendiées de manière intentionnelle", a déclaré lundi à la télévision publique la procureure de Djibouti, Lamisse Mohamed Saïd. "Des personnes innocentes ont été gratuitement violentées", a-t-elle ajouté, sans évoquer le caractère communautaire de ces incidents.

La procureure a fait état de "trois décès", sans dire si ces derniers sont survenus dans les affrontements ou au cours de l'intervention de la police. Des habitants ont signalé à l'AFP une dizaine de morts, dont un boulanger "lynché par de jeunes Afar", selon l'un d'eux. Selon des témoins, les violences ont commencé en début d'après-midi à Warabaley, où des maisons Issa ont été incendiées, et se sont ensuite étendues à d'autres quartiers.

Présence policière

Des maisons Afar ont été brûlées à PK12, un quartier de la capitale. "Vers 22h, je voyais des gens courir partout, des policiers les chassaient. Des maisons continuent de brûler jusqu'à maintenant, c'est en train de devenir grave", a raconté dimanche dans la nuit Amareh, un vendeur du PK12. Daher, un entrepreneur à Hodan, a raconté avoir vu ses voisins Afar quitter leur logement. "Ils partent car ils ont peur que leur maison soit incendiée à cause de ce qui se passe", a-t-il dit.

Lundi, la vie avait repris son cours normal malgré une forte présence policière dans certains quartiers. L'accès à internet était cependant erratique et Facebook inaccessible. Les réseaux sociaux djiboutiens s'échauffaient depuis plusieurs jours après que des affrontements similaires ont eu lieu fin juillet dans la région éthiopienne Somali, près de la frontière sud de Djibouti. Lundi, Lamisse Mohamed Saïd a affirmé que plusieurs personnes étaient en garde à vue à Djibouti.

Ilot de stabilité dans une région troublée, le pays compte moins d'un million d'habitants et son régime à poigne, présidé depuis 1999 par Ismaël Omar Guelleh, n'observe que rarement des contestations ou des violences. Le ministre de l'Intérieur, Said Nouh Hassan, a évoqué dans un discours télévisé diffusé dans la nuit des "évènements d'une ampleur nouvelle" qu'il a qualifiés d'"intolérables".

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