Sénégal
Une jeunesse désespérée déterminée à changer son destin. Pendant quatre jours, des millions de jeunes envahissent les rues du Sénégal pour réclamer le changement.
Alors qu’ils représentent 55% des 17 millions de Sénégalais, les jeunes se sentent délaissés par les pouvoirs publics. Le constat reste consternant : un chômage galopant et des conditions de vie plus que précaires. "Il faudrait que l’Etat revoie les politiques publiques, surtout les politiques publiques destinées aux jeunes. Et les jeunes ont besoin principalement de trois choses : formation, emploi, accompagnement. Accompagnement à travers des financements, à travers des renforcements de capacité parce que la jeunesse a besoin d’être occupée. Mais si la jeunesse n’a pas d’occupation, il suffit d’un rien du tout pour qu’elle se rebelle", déclare Yves Nzalé, coordinateur du regroupement des diplômés sans emploi du Sénégal
Pourtant, l’Etat se glorifie toujours d’avoir injecté des centaines de milliards de francs CFA pour lutter contre le chômage. D'ailleurs, en réponse aux manifestations de ces derniers jours, le président Macky Sall a annoncé un nouveau Programme d’urgence pour l’emploi et l’insertion socio-économique des jeunes. Un programme de 350 milliards de Francs CFA qui risque de connaître le même échec que les précédents.
"On sait qu’il avait beaucoup fait par rapport aux financements et ça n’a pas porté ses fruits. Donc, à mon avis, il ne fallait pas revenir à ce type de financement, mais plutôt voir comment les financements précédents ont été gérés. Parce que ce n’est pas un problème d’argent. Malheureusement, dans nos pays, on pense que tout est problème d’enveloppe budgétaire, donc j’augmente, j’augmente, j’augmente. C’est la gestion même de ces enveloppes budgétaires qui doit être questionnée", soutient Abou Kane, agrégé d’économie.
Les manifestations de ces derniers jours ont révélé à la face du monde ce que tout le monde savait déjà ici : horizons bouchés, avenir incertain, la jeunesse sénégalaise souffre. Le chômage, la précarité, l’absence de perspectives, bref, un cocktail dont l’explosion a embrasé le pays pendant quatre jours. Tout le monde espère que le message est passé cette fois malgré le scepticisme qui règne après le discours du président Macky Sall.
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