Libye
La Libye devient de plus en plus invivable pour les réfugiés africains dont certains sont obligés de payer pour leur détention, selon Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés.
C’est l’un des symboles les plus révélateurs du désespoir des réfugiés dans une Libye ravagée par la guerre. Selon le Haut Commissariat de l’ONU pour Réfugiés (HCR), beaucoup d’entre eux sont obligés de payer pour être accueillis dans des centres de détention pour échapper aux difficiles conditions auxquelles ils font face quotidiennement.
« Parfois, ils se sentent mieux protégés dans les centres de détention qu‘à l’extérieur. Parce que hors de ces centres, certains sont la cible de trafiquants d‘êtres humains, sont kidnappés et subissent des extorsions, des actes de torture. Donc, certaines personnes ne se sentent pas en sécurité dans de nombreux centres urbains en Libye. Certains préfèrent alors être détenus, même si les conditions ne sont pas bonnes dans ces centres de détention, d’autres tentent de corrompre pour entrer dans le centre de détention dans l’espoir que le HCR les réinstalle. », explique le représentant spécial du Haut Commissariat aux réfugiés pour la Méditerranée, Vincent Cochetel.
Le HCR manque de ressources
Mais le HCR ne peut satisfaire tout le monde. L’organisme manque de moyens alors que les réfugiés sont de plus en plus nombreux. Pour faire face à cette situation, le représentant spécial du HCR pour la Méditerranée préconise la prise en charge en amont des réfugiés dans leurs pays d’origine. « Nos programmes manquent de ressources, d’environ 35 % dans ces pays. Toutefois, si nous pouvions répondre à leurs besoins, principalement dans les domaines de l‘éducation, de la formation professionnelle, du placement dans ces pays, ces personnes, beaucoup de ces réfugiés ne ressentiraient pas l’envie d’aller en Libye et d’essayer d’avoir un avenir meilleur en passant essentiellement par la Libye. », pense Vincent Cochetel.
Une Libye devenue invivable pour des dizaines de milliers de réfugiés et de migrants. Le HCR en dénombre plus de 5 000 détenus dans 19 centres de détention officiels, dont certains contrôlés par des groupes armés.
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