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Qui mène la danse entre la RDC et l'Occident ?

Qui mène la danse entre la RDC et l'Occident ?

République démocratique du Congo

Après avoir sévèrement critiqué les récentes élections du 30 décembre, des puissances occidentales félicitent désormais le nouveau président élu de RDC. Mais, pas du tout anodin.

Le chef de l‘État français Emmanuel Macron a adressé lundi un message de félicitations à son homologue congolais Félix Tshisekedi. « Votre élection à la présidence de la République démocratique du Congo marque la première transition pacifique de l’histoire de votre pays. Elle est le fruit de la volonté d’alternance et de changement que les Congolais ont exprimée avec force et dans le calme », a écrit le locataire du palais de l‘Élysée.

Et bien avant la France, d’autres pays occidentaux dont les puissants États-Unis avaient eux aussi salué l‘élection du 5è président de la République de l’histoire de la RDC.

Des félicitations qui tranchent littéralement avec les critiques sévères émises au lendemain de l‘élection présidentielle du 30 décembre, ayant porté au pinacle le président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Avant ces élections, les relations entre Kinshasa et des puissances occidentales ont été des plus tendues. Au point que des organisations comme l’Union européenne ont mis sous  sanctions de hauts dignitaires de l’ancien régime parmi lesquels Emmanuel Ramazani Shadary, candidat malheureux à la présidentielle.

Dénonçant le paternalisme et l’ingérence dans leur politique intérieure, les autorités congolaises ont réagi par des mesures de rétorsion dont la fermeture de la Maison Schengen à Kinshasa. « Ils peuvent aussi aller ailleurs dans le monde, il y a plus de 150 pays où ils pourraient aller. Il y a un prix à payer pour tout, y compris pour la dignité. De toute façon, je ne crois pas que cette situation va durer. Il faudra trouver une solution, qui soit en faveur du respect, envers nos deux peuples. Entre le peuple belge et le peuple congolais, il ne peut pas y avoir de problème », avait confié l’ancien président Joseph Kabila au journal belge Le Soir.

Sur les traces de Mobutu ?

Une sorte de fermeté à la Sekou Touré qui semble avoir payé au point de faire plier des dirigeants de l’Occident. « Je souhaite maintenir les riches échanges entre nos deux populations. À ce titre, j’aspire à ce que la Maison Schengen à Kinshasa soit rouverte prochainement, afin que les Congolais puissent à nouveau voyager en Europe », a écrit Emmanuel Macron.

Si l’on peut évoquer des impératifs diplomatiques, cette volte-face rappelle fort bien les relations diplomatiques entre le Zaïre de Mobutu et des pays occidentaux dont la Belgique. Stratège et astucieux, le « Grand léopard » savait se servir du statut hautement stratégique de son pays pour emmener des puissances étrangères à déférer à ses désirs.

Des autorités belges dont les Premiers ministres Leo Tindemans et Wilfried Martens ou même le Roi Baudouin peuvent témoigner jusqu‘à quel point dans leurs querelles avec le Zaïre, Mobutu savait mener la danse.

Et les autorités actuelles de Kinshasa s‘étant approprié la méthode de leur ancêtre savent désormais défendre leur « souveraineté » devant les Occidentaux. Surtout en cette période où la Chine comme les conquistadors hispano-portugais des siècles derniers est en train de ratisser large en Afrique dont la plupart des dirigeants voient en des descendants de Mao des anges venus du ciel pour les sauver par le biais de prétendus partenariats « gagnant-gagnant ».

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