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Burkina Faso : nouvelle attaque attribuée aux terroristes dans le Nord

Burkina Faso : nouvelle attaque attribuée aux terroristes dans le Nord

Burkina Faso

Une nouvelle attaque attribuée aux terroristes a été enregistrée ce lundi dans le nord du Burkina Faso, plus précisément à Nassoumbou (commune située dans le département de Nassoumbou, dans la province du Soum, région du Sahel). Cette attaque se déroule à peine un jour après celle de dimanche, qui a endeuillé le village de Sikiré.

L’attaque de Nassoumbou, près de la frontière avec le Mali (autre pays lui aussi touché par le phénomène du terrorisme) a fait quatre morts dans les rangs des militaires.

Depuis quelques semaines, l’on enregistre une recrudescence des attaques d’hommes armés dans le nord du pays, attaques qui étendent leur gangrène jusqu’au centre du Burkina Faso.

Vraiment, notre situation est grave parce que pas de nourriture, tout le blé est brûlé.

Le centre et le nord du pays des hommes intègres sont des régions agropastorales, où règnent des tensions entre éleveurs et agriculteurs, et ce, depuis très longtemps. Ces tensions sont dues en grande partie à la rareté de l’eau et des terres arables, source de conflits entre ces deux communautés. Les agriculteurs accusent régulièrement les éleveurs nomades de laisser leur bétail paître sur leurs cultures.

Les fondamentalistes religieux (les islamistes) qui n’en demandaient pas mieux, profitent de ces vieilles tensions pour semer le chaos parmi les populations de ces régions arides.

Tidiane Zango fait partie des éleveurs Burkinabè et est originaire de Yirgou-Foulbè.C’est un membre de ces populations traumatisées par les attaques des islamistes. Au début du mois de janvier, son village a fait les frais de ces hommes sans foi ni loi.

Zango a perdu son frère, l’un de ses fils, ainsi que tout ce qu’il possédait comme biens lors de ce raid des islamistes. Désormais gagné par la peur, il se confie comme suit :

‘‘Vraiment, notre situation est grave parce que pas de nourriture, tout le blé est brûlé. Grâce au PAM (Programme alimentaire mondial), on a trouvé un peu à manger. J’ai perdu tous mes biens. Les bœufs, les moutons, tout est perdu.’‘

Faible réaction des forces de sécurité

Certains éleveurs déboussolés par une telle situation tentent de retrouver leurs bêtes dispersées çà et là dans la brousse. Yacouba Diandé, secrétaire général d’une association locale d‘éleveurs, revient sur ce fait :

‘‘Ils partent un à un pour aller refaire des troupeaux. Mais ils ont peur des fusils qui sont toujours là-bas. Le conflit est toujours là-bas.’‘

Les forces de sécurité burkinabè ont été déployées dans la zone, mais les efforts du gouvernement ne semblent pas porter les fruits esomptés. Pour Boubacary Diallo, secrétaire général de l’Union nationale des ‘‘Rougas’‘ (chefs traditionnels des éleveurs) du Burkina Faso, ‘‘ils sont visibles sur le terrain. Mais seulement, le plan de riposte n’a pas été assez conséquent’‘.

Quant à la question du retour des populations chez elles, voici la réaction Diallo :

‘‘Jusqu’à présent, les gens n’arrivent pas à repartir dans leur village respectif. Cela veut dire que la situation n’est pas réglée. D’abord, il faut arrêter ceux qui ont commis ces exactions. Ça va permettre aux autres (aux assaillants) de comprendre qu’il y a une autorité en face.’‘

Il est préciser qu’aucune arrestation n’a été enregistrée depuis l’attaque de janvier. La tâche s’annonce ardue pour les autorités burkinabè, qui font face à des islamistes extrêmement mobiles.

Ces derniers se déplacent facilement et leurs actions meurtrières frappent non seulement le nord et le centre du Burkina Faso, mais aussi une grande partie du Mali, du Niger et du Tchad.

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