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En Côte d'Ivoire, les avocats réclament la liberté des juges

En Côte d'Ivoire, les avocats réclament la liberté des juges

Côte d'Ivoire

Les avocats de Côte d’Ivoire ont ‘‘demandé’‘ ce lundi “aux juges Ivoiriens d’accomplir leur mission en toute indépendance’‘. Pour ces hommes de loi, la collusion entre le droit et la politique ne fait l’ombre d’aucun doute. Les détails.

En Côte d’Ivoire, “le droit et la politique s’entrechoquent”. C’est en tout cas ce que pensent les avocats Ivoiriens. C’est par la voix du bâtonnier Me Thomas Zé N’Dri qu’ils se sont exprimés ce lundi à Abidjan (capitale économique de la Côte d’Ivoire, NDLR) dans une déclaration publique :

“Le Barreau de Côte demande solennellement aux juges Ivoiriens d’accomplir leur mission en toute indépendance et impartialité. L’actualité de ces derniers mois donne aux Ivoiriens des raisons d’une réelle inquiétude, tant le droit et la politique s’entrechoquent.”, a fait entendre le bâtonnier, avant de poursuivre en ces termes :

Le juge ne doit recevoir d'ordre que de la loi.

“Le juge ne doit recevoir d’ordre que de la loi.”

Le cas d’Alain Lobognon interpelle le barreau ivoirien. Ce député de l’opposition, homme de main de Guillaume Soro (président de l’Assemblée nationale et ancien chef de la défunte rébellion des Forces nouvelles) est en prison depuis la mi-janvier. Il est reproché à Lobognon la “propagation de fausses nouvelles”.

Concernant cette affaire, les avocats marquent leur désapprobation étant donné que “la Constitution (ivoirienne) prévoit que la détention ou la poursuite d’un membre du Parlement est suspendue, si la chambre dont il est membre le requiert”.

Ce qui n’est pas le cas pour M. Lobognon qui croupit encore derrière les barreaux. Pour tenter de mettre fin à sa détention, le concerné a révélé il y a une semaine dans une lettre ouverte avoir entamé une grève de la faim, se déclarant “prisonnier politique”.

Une démarche qui succède à une autre

La démarche des avocats Ivoirinens s’effectue seulement deux semaines après le mouvement d’humeur de l’Union nationale des magistrats de Côte d’Ivoire (Unamaci) et de l’Association syndicale de la magistrature (ASM).

Ces deux syndicats de magistrats du pays se plaignaient d’une “dégradation progressive de leurs conditions morales et psychologiques de travail en raison (…) de menaces, d’intimidations et d’immixtions dans l’exercice de leurs fonctions”.

L’Unamaci et l’ASM se sont insurgés, condamnant “avec la dernière énergie, ces immixtions intolérables dans l’exercice de leurs fonctions”. Aussi, ils encouragent “tous les magistrats à resserrer leurs rangs en vue de faire face à toutes les agressions d’où qu’elles viennent”.

Pour terminer, les hommes de loi ont lancé un appel au président Alassane Outattara, “garant constitutionnel de l’indépendance du pouvoir judiciaire, à prendre des mesures propres à faire respecter la séparation des pouvoirs et à faire cesser, par voie de conséquence, les graves intrusions de nature à ébranler les fondements de l’Etat de droit”.

L’indépendance de la justice était l’un des aspects les plus attendus de l’administration Ouattara à son arrivée aux commandes de la Côte d’Ivoire. Vu les manifestations des hommes et femmes de loi, cette attente ne semble être qu’un vague rêve.

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