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Zimbabwe : une figure de la contestation au régime arrêtée

Zimbabwe

<p><strong>Figure de la contestation au Zimbabwe, le pasteur Evan Mawarire a été arrêté mercredi, au troisième jour d’une violente grève générale contre la hausse des prix du carburant qui a viré en fronde politique contre le président Emmerson Mnangagwa.</strong></p> <p>Porte-drapeau des manifestations antirégime de 2016, le pasteur Mawarire a été interpellé dans la matinée à son domicile de Harare, encerclé par la police en armes, et placé en garde à vue au commissariat central de la capitale.</p> <p>“Ils affirment qu’il a incité à la violence (…) par le biais de Twitter et les réseaux sociaux”, a déclaré son avocate, Beatrice Mtetwa, aux journalistes.</p> <p>Le principal syndicat du Zimbabwe a appelé à trois jours de grève générale après l’annonce samedi soir par le président Emmerson Mnangagwa d’une forte hausse des prix du carburant, dans un pays dévasté par la crise économique.</p> <p>Evan Mawarire, connu pour ses critiques des régimes de Robert Mugabe et de son successeur Emmerson Mnangagwa, a multiplié les appels à soutenir le mouvement.</p> <p>“Il est l’heure de mobiliser tous ceux qui aiment vraiment le Zimbabwe”, avait-il lancé dimanche sur Twitter.</p> <p>De violentes manifestations ont éclaté depuis lundi dans tout le pays, notamment à Harare et à Bulawayo (sud), deuxième ville du pays et fief de l’opposition.</p> <p>Depuis lundi, les deux principales villes du Zimbabwe tournent au ralenti, privées de transport public et magasins fermés. De nombreux commerces y ont été pillés, des bâtiments et des voitures brûlées par la population en colère.</p> <h2 style="font-size:16px;">Force létale</h2> <p>Les forces de l’ordre ont sévèrement réprimé les protestataires. Selon des <span class="caps">ONG</span>, la police a ouvert le feu à balles réelles sur les manifestants et fait entre 5 et 8 morts ainsi que de nombreux blessés, certains gravement atteints.</p> <p>“Les autorités ont le devoir de maintenir la sécurité pendant les manifestations mais sans recours excessif à la force”, a estimé Dewa Mavhinga, l’<span class="caps">ONG</span> Human Rights Watch (<span class="caps">HRW</span>), “ceux qui sont responsables de l’usage de la force létale doivent faire l’objet d’une enquête et en rendre compte”.</p> <p>La porte-parole de la police Charity Charamba a confirmé mardi la mort de trois personnes, dont un policier, et indiqué qu’au moins 200 personnes avaient été arrêtées.</p> <p>“Ces événements n’ont rien de spontané, ce sont des attaques délibérées contre les Zimbabwéens pacifiques”, a menacé la ministre de l’Information Monica Mutsvangwa, “les tentatives de renverser le gouvernement (…) seront déjouées”.</p> <p>L’accès aux réseaux sociaux restait encore très limité mercredi au Zimbabwe, pour la deuxième journée consécutive.</p> <p>Le vice-président Constantino Chiwenga a nié mardi avoir ordonné la coupure d’internet. Mais l’opérateur Econet a publié ensuite une déclaration confirmant y avoir été contraint “sur ordre du ministre d’Etat auprès de la présidence”…</p> <p>Mercredi encore, les centres de Harare et de Bulawayo restaient encore très largement paralysés. Les minibus de transport public sont restés à leurs parkings et la plupart des magasins ont laissé leurs rideaux de fer baissés.</p> <h2 style="font-size:16px;">“Il doit partir”</h2> <p>À Bulawayo, des soldats armés de fusils automatiques patrouillaient les rues en arrêtant et en fouillant les rares véhicules en circulation, selon un correspondant de l’<span class="caps">AFP</span>.</p> <p>Au pouvoir depuis la démission de Robert Mugabe fin 2017, M. Mnangagwa a hérité d’un pays dans une situation économique et financière catastrophique, caractérisée par un manque criant de liquidités et une inflation galopante.</p> <p>La crise s’est encore accélérée ces derniers mois, provoquant des pénuries de la plupart des denrées de base, dont le pétrole.</p> <p>Le gouvernement a annoncé la multiplication par deux et demi des prix de l’essence dans l’espoir d’en réduire la consommation et d’enrayer les nombreux trafics liés à la dévaluation de la quasi-devise locale, les “bond notes”.</p> <p>Le Zimbabwe est désormais le pays où le prix du carburant est le plus cher au monde (3,31 dollars le litre d’essence), selon le site spécialisé GlobalPetrolPrices.</p> <p>La population redoute que cette hausse drastique n’entraîne une hausse générale de prix des autres produits et rend aujourd’hui le chef de l’Etat, élu en 2018, responsable de la situation.</p> <p>“On ne peut pas payer tous les jours 3 dollars pour une course en taxi”, a résumé à l’<span class="caps">AFP</span> Mulungisi Tshabalala, un habitant de Bulawayo. “On est fatigué de Mnangagwa (…) il doit partir”.</p> <p>Le chef de l’Etat s’est engagé à redresser la situation, en vain jusque-là. En tournée à l‘étranger depuis lundi, il doit participer au Forum économique de Davos (Suisse), avec l’ambition de convaincre les investisseurs de revenir dans son pays.</p> <p><strong><span class="caps">AFP</span></strong></p>
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