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Présidentielle au Sénégal : cinq candidats retenus, les deux principaux opposants disqualifiés

Présidentielle au Sénégal : cinq candidats retenus, les deux principaux opposants disqualifiés

Sénégal

Le Conseil constitutionnel sénégalais a publié lundi la liste des cinq candidats à  l‘élection présidentielle du 24 février, dont le chef de l’Etat sortant Macky Sall, mais sans ses deux principaux opposants, l’ex-maire de Dakar Khalifa Sall et l’ancien ministre Karim Wade.

Les “sept sages” ont sans surprise écarté les candidatures de Karim Wade, ex-ministre et fils de l’ancien président Abdoulaye Wade (2000-2012), et Khalifa Sall, dissident du Parti socialiste, qui avaient pourtant recueilli le nombre requis de parrainages (environ 52.000 signatures) mais sont frappés par des condamnations judiciaires.

Outre celle de Macky Sall, le Conseil a validé les candidatures du député Ousmane Sonko, figure montante de l’opposition, de l’ex-Premier ministre Idrissa Seck, d’un proche d’Abdoulaye Wade, Madické Niang, et du candidat du Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR), El Hadji Sall.

Il devra encore statuer le 20 janvier sur les éventuelles réclamations des candidats, avant de publier la liste définitive.

“Mensonge judiciaire”

Le Sénégal, qui a connu deux alternances, en 2000 et en 2012, et aucun coup d’Etat, fait figure de modèle de démocratie dans la région. Mais des organisations internationales et régionales, ainsi que des ONG de défense des droits de l’Homme, ont dénoncé le caractère “inéquitable” de certains procès, notamment ceux de Karim Wade et Khalifa Sall, ou des restrictions aux libertés publiques.

Le représentant de l’ancien maire de Dakar, Babacar Thioye Ba, a annoncé un recours contre cette décision, dénonçant “un mensonge judiciaire”. “Il faut comprendre dès à présent, et avec nous tout le peuple sénégalais, qu’il est arrivé le moment de mettre un terme aux forfaitures de Macky Sall”, a-t-il déclaré à l’AFP.

Le Parti démocratique sénégalais (PDS, libéral), qui a investi Karim Wade et n’a officiellement pas prévu de “plan B” en cas d’invalidation de sa candidature, n’a pas réagi dans l’immédiat. Mais Madické Niang, qui fait partie des cinq retenus par le Conseil constitutionnel, pourrait représenter un “recours”, selon certains dirigeants du parti.

Pour juger “irrecevable” la candidature de Karim Wade, le Conseil a relevé sa condamnation en 2015 à six années de prison pour “enrichissement illicite” et la mention “personne non inscrite sur le fichier électoral” sur la carte d’identité figurant dans son dossier.

Pétition pour un débat

Dans une lettre adressée le 11 janvier aux membres du Conseil, plusieurs éminents juristes sénégalais et français, dont un ancien président de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), avaient pourtant estimé cette candidature valide.

Ils faisaient valoir que le ministère de l’Intérieur n’avait pas le pouvoir de radier Karim Wade des listes électorales, “la privation de vote ne pouvant résulter que d’une décision expresse de justice”.

Condamné quant à lui à cinq ans de prison pour “escroquerie portant sur les deniers publics”, Khalifa Sall, en détention depuis bientôt deux ans et dont le pourvoi en cassation a été rejeté le 3 janvier, “ne peut plus se prévaloir de sa qualité d‘électeur”, selon le Conseil constitutionnel.

Des milliers de partisans de Karim Wade et Khalifa Sall ont manifesté ces derniers mois pour réclamer des élections “justes et transparentes”, accusant de partialité la Justice et le ministre de l’Intérieur, chargé d’organiser le scrutin.

Une pétition sur internet pour réclamer l’organisation d’un débat entre tous les candidats a recueilli plusieurs milliers de signature. Investi candidat par une large coalition le 1er décembre, Macky Sall, élu en 2012 contre Abdoulaye Wade, vise une réélection dès le premier tour, selon ses proches.

Lors de la cérémonie d’investiture, en présence des présidents ivoirien Alassane Ouattara, gambien Adama Barrow, libérien George Weah, mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et du Premier ministre bissau-guinéen Aristide Gomes, il s‘était engagé à amener le pays “plus loin et plus haut”.

Le chef de l’Etat, qui multiplie les déplacements illustrant les réalisations de son premier mandat, inaugurait lundi après-midi la ligne de TER (train express régional) reliant Dakar à la ville nouvelle de Diamniadio, dont l’exploitation commerciale n’est toutefois pas attendue avant plusieurs mois.

Il a prévu de débuter sa campagne électorale le 3 février à Mbacké (centre), pour conclure son tour du pays le 22 février à Dakar, selon les médias.

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AFP

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