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Tchad : le difficile quotidien des pêcheurs

Tchad : le difficile quotidien des pêcheurs

Tchad

Dotés des engins fluviaux à moteur appelés communément « Hors-Bord » pour la sécurisation des frontières Tchad-Cameroun, ces agents de sécurité notamment les gardes nomades, utilisent ces moyens à d’autres fins.
Ils arnaquent ces pêcheurs en complicité avec un agent de la direction de la pêche et de développement de l’aquaculture du ministère en charge de l’environnement bien connu. Cet agent qui se fait passer pour un coordonnateur d’une association qu’il aurait créée en mai 2018, confectionne des cartes à l’insu de ces responsables.
Il confie ces cartes aux agents de sécurité qui font leur loi au bord du fleuve.
Ces derniers arrêtent les pêcheurs en pleine activité, les conduisent au poste des agents des eaux et forêts installés dans les quartiers périphériques de N’Djamena et les somment de payer une taxe de 3000 FCFA en guise de droit d’adhésion à cette association.

Ceux qui refusent de payer ont vu leurs engins et matériel de pêche arrachés.

“Ils ramassent les filets de pêche, les pirogues ils t’amendent et si tu ne payes pas c’est la que les problèmes commencent. Quand tu cherches à parler, ils te bastonnent, ils font ce qu’ils veulent de toi”, témoigne Daniel, qui pratique la pêche au bord du fleuve Chari depuis 1984.

Robert pratique lui aussi cette activité depuis plus de 40 ans. Il dit n’avoir jamais rencontré de telles difficultés durant tout son parcours. Pour lui, la situation est intenable. Car ces derniers temps, les pêcheurs sont considérés comme des sous hommes déplore-t-il.

“J’ai perdu mon cadet. Étant en deuil, j’ai demandé à mes enfants d’aller au fleuve chercher du poisson pour préparer à manger à ceux qui sont venu me rendre visite. Mais les agents de sécurité ont arraché mon matériel de pêche aux enfants et jusqu’aujourd’hui je ne l’ai pas encore récupéré. Ici au bord du fleuve chacun fait sa loi pour tenir les pêcheurs en esclavage”.

Selon une source anonyme, un agent de la direction de la pêche et de développement de l’aquaculture aurait fondé cette association fictive en mai dernier et serait à l’origine du malheur des pêcheurs.
Les autorités ont promis de régler le problème. Acculé par les services de sécurité, l’auteur de cette mafia vivrait désormais en clandestinité.

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