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Francine Ntoumi : De l’Université Pierre et Marie Curie à la Fondation congolaise pour la recherche médicale

Francine Ntoumi : De l’Université Pierre et Marie Curie à la Fondation congolaise pour la recherche médicale

Quand elle quitte sa famille à Brazzaville, pour aller étudier en France, suivant le souhait de ses parents, la jeune Francine n’est alors âgée que de 12 ans mais déjà consciente que « les études sont l’un des seuls moyens pour s’en sortir dans la vie ». Quelques années plus tard, c’est à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI), qu’elle obtiendra un doctorat en biologie. « J’ai alors voulu rentrer au Congo, raconte-t-elle, mais on était en 1997 et c’était la guerre civile. Je suis donc allée au Gabon, où j’ai pu faire mes premiers pas de chercheuse ». En effet, après avoir débuté son post-doctorat sur le paludisme à l’Institut Pasteur de Paris, Francine Ntoumi poursuit son parcours au Gabon avant d’intégrer l’Institut de Médecine Tropicale de l’Université de Tübingen en Allemagne, où en tant que professeure associée elle forme en priorité des chercheurs africains. L’étape suivante la mènera à la Commission Européenne, où elle se familiarise avec le management en santé publique en tant que responsable scientifique du « programme européen de soutien aux essais cliniques dans les pays en développement » mais n’y reste pas longtemps car trop loin du terrain. Par la suite, elle deviendra la première femme africaine à diriger l’Initiative Multilatérale contre le Paludisme, basée à Dar es Salaam en Tanzanie.

Après avoir occupé des postes à responsabilités aussi bien en Europe qu’en Afrique, sa notoriété s’accroît et les récompenses internationales pleuvent : prix Christophe-Mérieux décerné par l’Académie des Sciences, prix Kwame-Nkrumah de l’Union Africaine… Mais Francine Ntoumi n’a qu’un seul objectif en tête : rentrer au Congo. C’est donc en 2008 qu’elle y crée la Fondation congolaise pour la recherche médicale, devenue 10 ans plus tard un pôle d’excellence sur le continent. Le Professeur Ntoumi en profite pour développer un large réseau de collaborations scientifiques, notamment avec l’IRD sur le projet PANDORA ou encore l’IRSEM en matière de bioéthique. Formation de doctorants, réalisation d’essais cliniques, accès aux soins pour les populations vulnérables, publications dans de prestigieuses revues scientifiques, Francine Ntoumi n’exclut pas un jour de trouver un vaccin contre le paludisme. En attendant, sa fondation conduit actuellement le 1er essai clinique en Afrique centrale afin d’introduire la dernière génération de médicament antipaludique. Pour y arriver, Francine Ntoumi considère qu’« il faut mettre le paquet sur la formation, encore plus que sur les infrastructures et les financements. Nous devons augmenter la masse critique des scientifiques congolais dans plusieurs domaines ». Dans ce sens, elle plaide également pour l’accès des femmes à l’enseignement supérieur. Lancé en 2016, son projet phare s’intitule Femmes & Sciences et est sponsorisé par le Groupe français L’Oréal et l’Union Européenne. Ce programme consiste à mener des campagnes de sensibilisation dans toutes les écoles du pays « afin de susciter des vocations et donner envie aux jeunes filles de s’orienter vers des carrières scientifiques ». Avec un discours qui porte sur « l’Ambition au féminin  », celle qui est désormais membre du Comité scientifique en santé mondiale de la Fondation Bill & Melinda Gates reste persuadée que « le fait d’être femme, noire et scientifique lui a ouvert des portes  ».

Distribué par APO Group pour Ambassade de France à Brazzaville, Congo.

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