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Côte d'Ivoire : des sculptures parlantes pour une "collection fantôme"

Côte d'Ivoire : des sculptures parlantes pour une "collection fantôme"

Côte d'Ivoire

Raconter l’histoire d’objets disparus, lors des pillages de la crise post-électorale de 2011. C’est l’une des idées de l’exposition sur la “Collection fantôme” du Musée des civilisations d’Abidjan en Côte d’Ivoire.

“Réparer les mémoires”, mais aussi “favoriser les imaginaires et la créativité en travaillant à partir de l’absence des objets pillés, afin de sensibiliser les consciences dans la lutte contre le trafic illicite des biens culturels”, sont là quelques objectifs de l‘événement.

“Lorsque le musée a subi ce pillage-là, c’est vrai que l’ensemble des conservateurs, des personnes qui travaillent au musée ont continué toujours à raconter l’histoire de ces objets. Et nous lorsqu’on a réfléchi à la Collection fantôme, on s’est dit à un moment ce serait intéressant de travailler aussi sur la notion du récit et de la narration.” Raconte Fodé Sylla, promoteur de l’association l’Art sans Afrique.

"Quand l'objet a disparu, il reste les choses qui entourent cet objet, le contexte des gens qui l'ont créé. Les sculptures sonores, c'est mélanger les objets et les éléments de langages signifiants des personnes qui les ont créées".

“Cette idée de produire des oeuvres sonores, des oeuvres parlantes, c‘était l’idée de restituer aux objets leur dimension sémantique, leur dimension… leur contexte de manière à ce que l’on considère qu’un objet d’art ce soit une prise de parole et non pas un objet esthétique comme ça qui est juste dans un musée et quand il a disparu, quand il est pillé, il ne reste plus rien.” Ajoute Raphael Tiberghien, enseignant au Service des arts visuels de Grand Paris Sud.

Si le musée compte encore près de 15.000 objets (masques, sculptures, attributs…) , il a perdu 120 pièces majeures lors du pillage et de l’anarchie qui a régné à Abidjan pendant la crise post-électorale qui a fait 3.000 morts en Côte d’Ivoire.

À Abidjan, les étudiants du Centre technique des arts appliqués de Bingerville et de l’université Houphouët-Boigny, n’avaient que trois jours pour concevoir, façonner l’argile et fabriquer des tableaux-moulures de plâtre, accompagnés par les enregistrements. Les étudiants français avaient trois mois et ont pu créer des sculptures plus élaborées.

“Moi, sincèrement, je suis fier d’appartenir à ce projet parce que tous ensemble je crois que on va dire non à ce pillage-là. C’est une manière pour moi de dire non, arrêtez ça.”

Plusieurs amateurs ont été attirés par le thème de cette exposition.

“L’idée étant selon le plasticien Raphael Tiberghien, de restituer aux objets leur dimension et leur contexte”, pour qu’on “considère un objet d’art comme une prise de parole et non pas juste un objet esthétique”.

“C’est la première fois que je me rends dans une salle d’exposition”, sourit Indes Adepo, “J’aime bien. Tout est beau!”, dit-elle devant une oeuvre de Sarra Ahoussi, un masque hommage à l’ethnie Goa qui émet des bruits particuliers.

“J’ai mis des sons d‘éléphants et de pas de danse pour signifier que quand les femmes adorent ce masque, la terre tremble!”, explique l’artiste.

Crée en 1942 par l’administration coloniale, le musée des civilisations de cote d’ivoire, est un musée d’Etat qui s‘étend sur une superficie de 2 hectares .

AFP

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