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Somalie : violents mouvements d'humeur suite à l'arrestation d'un ex-djihadiste devenu politicien

Somalie : violents mouvements d'humeur suite à l'arrestation d'un ex-djihadiste devenu politicien

Somalie

L’arrestation d’un ancien djihadiste reconverti en politicien a provoqué de violentes manifestations à Baïdoa, dans le Sud-ouest de la Somalie. Ce vendredi, pour la deuxième journée d’affilé, des centaines de personnes enflées de colère ont battu le pavé pour s‘ériger contre cette arrestation qui a pour cible leur champion. Ce dernier, le dénommé Muktar Robow, est candidat à la présidence de leur région. La date de l‘élection dans cet Etat fédéré du Sud-ouest est prévue pour le 19 décembre prochain.

Les mécontents n’y sont pas allés de main morte ; pneus brûlés sur les routes, voies d’accès bloquées et plusieurs dégâts enregistrés. Les forces de l’ordre ont tiré des coups de feu afin de disperser les contestataires de la ville.

C’est le jeudi que l’ex-djihadiste a été mis aux arrêts. Le gouvernement de son pays lui reproche d’avoir “organisé une milice’‘ à Baïdoa. Toujours selon le gouvernement, l’ancien fondamentaliste avait l’intention de ‘‘saper la stabilité” de la ville et n’a “jamais renoncé à ses idéologies extrémistes”.

Il y a encore des coups de feu de la police qui tente de disperser les foules, toute la ville est dans le chaos.

Il n’en fallait pas plus pour mettre les habitants de la ville dans tous leurs états. Adaf Mumin, un résident de Baïdoa : “la situation est tendue et les manifestations sont de plus en plus importantes. Il y a encore des coups de feu de la police qui tente de disperser les foules, toute la ville est dans le chaos.”

Muktar Robow, ancien commandant et porte-parole des islamistes somaliens Shebab (affiliés à Al-Qaïda), jouirait d’une popularité qui ne dit pas son nom. Lors des manifestations, des contestataires ont brandi ses portraits et on brûlé ceux du président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed (voir photo). Ce dernier est accusé par les manifestants de s’introduire abusivement et injustement dans la cuisine interne de leur région.

Pour sa part, Abdulkadir Shekhuna, le président régional faisant fonction, ne croit pas en la grande popularité de l’ancien islamiste : “ceux qui manifestent ne représentent pas un grand nombre de personnes et œuvrent contre la stabilité. Nous avons demandé à la police de rétablir l’ordre public.”

Un député tué au cours des manifestations

Les choses ont empiré au cours de ces mouvements d’humeur avec la mort d’un député, tué dans des circonstances non encore élucidées.

Mohamednur Adnan est policier et s’exprime sur le sujet : “je ne peux pas confirmer la manière dont il est mort, mais un député régional a été tué ce matin (vendredi), alors que de violents manifestants bloquaient la route.”

Le gouvernement central de Somalie est confronté au désir ardent des Etats fédérés de bénéficier de plus d’autonomie, ce qui lui fait craindre une éventuelle évaporation de son pouvoir sur ces régions. Et la candidature de Muktar Robow ne fait que raviver les tensions qui prévalent entre Mogadiscio et les Etats fédérés. Le gouvernement somalien, en brandissant la carte des sanctions américaines qui frappent le candidat Robow, espérait pouvoir ainsi bloquer ses ambitions électoralistes.

Muktar Robow, qui a fait jadis partie des fondateurs des Shebab, a quitté le groupe islamiste en août 2017. Il s‘était brouillé avec Ahmed Abdi Godane, qui dirigeait à l‘époque de son départ le groupe fondamentaliste qui s’est juré de renverser le gouvernement et d’instaurer coûte sue coûte la charia en Somalie.

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