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Gambie-justice : relance de l'enquête sur le meurtre de trois manifestants anti-pollution

Gambie-justice : relance de l'enquête sur le meurtre de trois manifestants anti-pollution

Gambie

Le gouvernement gambien a ordonné mercredi la relance de l’instruction judiciaire à l’encontre de cinq policiers accusés du meurtre de trois jeunes manifestants au cours d’un rassemblement anti-pollution, suivant les recommandations d’une commission d’enquête instaurée par le président Adama Barrow.

Des unités d’intervention de la police (PIU) avaient mené une opération le 18 juin dans le village de Faraba Banta, à 50 km au sud-est de Banjul, où des habitants protestaient depuis des semaines contre l’exploitation d’un site d’extraction de sable servant à la construction qui, selon eux, pollue les rizières de cette région bordant le fleuve Gambie.

Les policiers avaient tiré à balles réelles sur des manifestants, en tuant deux et en blessant cinq. Un troisième manifestant a ensuite succombé à ses blessures. Seize policiers avaient par ailleurs été blessés.

Cinq policiers avaient été inculpés pour meurtre le 29 juin, mais la procédure judiciaire avait été suspendue pendant les travaux d’une commission d’enquête constituée de cinq experts.

Mercredi, le ministre de la Justice, Abubacarr Ba Tambadou, a indiqué à la presse que le gouvernement reconnaissait les conclusions des travaux de la commission d’enquête, rendues le 17 septembre, et “pris des mesures”, dont la reprise de l’enquête criminelle visant les cinq policiers précédemment inculpés et contre les auteurs de destructions de matériels survenues lors de ces incidents.

Indemnisation des proches de victimes

Les victimes ou leurs proches seront indemnisées par l’Etat, ainsi que les victimes d’actes de vandalisme.

Le directeur de l’Agence nationale de l’environnement et celui du ministère de la Géologie ont été suspendus et privés de salaire pour cinq mois pour n’avoir pas respecté les règles lors de l’attribution de la licence d’exploitation de la carrière de sable à la société  Julakay Enterprise, a par ailleurs indiqué à la presse le secrétaire général auprès de la présidence, Ebrima Camara.

Le président Adama Barrow, arrivé au pouvoir dans ce petit pays anglophone d’Afrique de l’Ouest en janvier 2017, avait immédiatement condamné les violences policières et promis que justice serait faite et que de tels faits ne se reproduiraient plus. 

Ces morts ont provoqué la démission du chef de la police, Landing Kinteh. Des témoins cités par Amnesty International et par Human Rights Watch ont affirmé que la police était intervenue alors que des manifestants bloquaient les voies d’accès au site minier et avait tiré sans sommation sur la foule.

En Gambie, le meurtre est passible de la peine de mort. Mais le président Barrow a décrété un moratoire sur la peine capitale, appliquée pour la dernière fois sous son prédécesseur Yahya Jammeh en 2012, lorsque neuf soldats avaient été fusillés.

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AFP

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