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Congo : vers la fin de la grève des professeurs de l'université Marien Ngouabi ?

Congo : vers la fin de la grève des professeurs de l'université Marien Ngouabi ?

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À l’issue d’une réunion avec les autorités congolaises, l’intersyndicale de l’université publique Marien Ngouabi (UMNG) de Brazzaville a annoncé ce mercredi 28 novembre, la reprise du travail après plusieurs mois de grève. Reste à présent la traduction dans les faits.

L’annonce a été faite par les Dépêches de Brazzaville. Le quotidien congolais a publié à sa page 9 de son édition de ce jeudi, le « relevé des conclusions de la réception du collège intersyndical de l’université Marien Ngouabi (UMNG) par monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement ».

Et c’est la quatrième conclusion qui fait état de la « levée de la grève et reprise immédiate du travail » à l’université Marien Ngouabi de Brazzaville.

Unique centre d’enseignement supérieur public du Congo, en attendant une éventuelle mise en service de l’université Denis Sassou-Nguesso à Kintelé au nord de Brazzaville, l’université Marien Ngouabi est en grève depuis septembre dernier.

Et pour cause ? « Nous réclamons le paiement de six mois de salaires impayés, le paiement des heures supplémentaires, d’encadrement des thèses et mémoires des années 2015-2016-2017 et 2018. Enfin, nous exigeons un engagement clair du gouvernement de nous payer régulièrement comme on paie les autres fonctionnaires congolais », déclarait récemment Gabriel Bissanga, président de l’Intersyndicale des enseignants du supérieur.

Ces vœux pourraient être exaucés sous peu. Du Premier ministre Clément Mouamba au ministre des Finances Calixte Ganongo en passant par d’autres responsables dont le Professeur Jean Rosaire Ibara, recteur de l’UMNG, les autorités congolaises déléguées à ces retrouvailles ont rassuré leurs interlocuteurs.

Pas si facile avec la crise économique

Il s’agit des mesures suivantes : « Mise à disposition immédiate d’une enveloppe spéciale destinée à couvrir les charges suivantes : paiement immédiat du salaire du mois de juin 2018, paiement des heures diverses dues au titre de l’année académique 2016-2017, versement de la subvention de fonctionnement et le versement d’une subvention spéciale pour l’organisation des examens ».

Une autre bonne nouvelle : le gouvernement s’est engagé à payer régulièrement le personnel de l’UMNG au même rythme que les agents de la Fonction publique.

Mais, si les signataires se disent engagés à respecter les conclusions de ces pourparlers, des observateurs émettent toutefois des réserves en s’appuyant sur la crise économique même si le président Sassou a récemment rassuré son peuple de ce que son pays est très loin de la banqueroute.

Toutefois, depuis le déclenchement en 2014 de la crise économique du fait de la chute des cours du pétrole, principale source de revenus (plus de 70 % du budget), le pays peine ostensiblement à couvrir ses charges dont le paiement des salaires des agents de la Fonction publique.

« On percevait le salaire le 25 de chaque mois. Mais, ces derniers temps, on perçoit très tardivement. Le mois d’octobre 2018 n’a été payé qu’en mi-novembre. Signe que le pays va très mal. Voilà pourquoi, je ne suis pas sûr que ces promesses faites aux universitaires soient tenues », doute un fonctionnaire résidant à Pointe-Noire.

D’autres secteurs sont touchés par la crise. Le cas de certaines mairies ou conseils régionaux dont les agents cumulent, selon des sources proches, plus de 20 mois sans salaires. « Nous ne sommes pas payés depuis 25 mois », déplore un agent municipal de la commune de Mossendjo, à 600 km de Brazzaville.

Un parlementaire de l’opposition déclarait récemment que même les parlementaires et les ministres ont eux aussi des arriérés d‘émoluments. « Et c’est comme ça qu’on deviendra pays émergent à l’horizon 2025 », ironise un jeune d’Oyo.

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