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Tanzanie : toujours pas d'enquête, un an après la disparition d'un journaliste

Tanzanie : toujours pas d'enquête, un an après la disparition d'un journaliste

Tanzanie

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) veut savoir ce qui est arrivé au journaliste tanzanien Azory Gwanda disparu il y a un an. L’ONG appelle ainsi le régime de John Magufuli à ouvrir une enquête « crédible ».

Qu’est-il arrivé à Azory Gwanda ? Dans quelle planète se trouve-t-il ? Des questions que se posent depuis une année entière, collègues et proches du journaliste. Ce pigiste collaborant à de nombreux journaux privés dont « Mwananchi » et « The Citizen », ne donne aucun signe de vie depuis le 21 novembre 2017.

Comme d’habitude depuis leur lune de miel, Azory Gwanda et sa tendre épouse Anna Pinoni se lèvent ce mardi d’un bon pied. Habitués à tout faire ensemble excepté les tâches liées au journalisme, ils se rendent à leur ferme située non loin du littoral de Dar es Salam.

C’est ici que des hommes venus à bord d’un pick-up Land Cruiser viennent le prendre, prétextant un travail (interview, par exemple). Mais, en lançant un « see you soon » (à bientôt) à son bien-aimé, Anna Pinoni n’avait jamais imaginé que c‘était une sorte d’au revoir définitif qu’elle venait d’adresser à son mari. Et l’affaire défraya la chronique. Sans doute gênées, les autorités promirent une enquête.

L’ambassadeur américain convaincra-t-il enfin Dodoma ?

Mais, un an après, la promesse n’est toujours pas tenue. Et des ONG sont sur le point d’exploser d’impatience. « L’absence d’enquête crédible sur la disparition du journaliste Azory Gwanda est profondément décevante et reflète nos préoccupations plus larges concernant les conditions de la liberté de la presse en Tanzanie », déplore Angela Quintal, coordinatrice du programme Afrique du CPJ.

En cette commémoration de l’an un de la disparition de Gwenda, le CPJ renouvelle son vœu le plus ardent auprès du régime de John Magufuli : mener des investigations afin de tirer au clair cette disparition.

Reste à savoir si ce vœu sera exaucé. Tant le CPJ est loin d’oublier la mésaventure connue par deux de ses membres au début de ce mois. Venues à Dar es Salam pour enquêter sur les atteintes à la liberté de la presse, Angela Quintal et Muthoki Mumo ont été arrêtées juste quelques minutes après leur arrivée dans un hôtel.

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Si les deux dames avaient été libérées 24 heures après, leur arrestation a été perçue comme une entrave aux investigations sur les atteintes à la liberté de la presse en Tanzanie. Cette fois-ci pourrait être la bonne. Au cours d’un échange avec des membres du CPJ, l’ambassadeur des États-Unis Modest Mero a promis le 19 novembre d’aborder l’affaire Gwanda et bien d’autres inhérentes à la presse avec le gouvernement tanzanien.

La Tanzanie occupe la 93e place sur 180 pays, au classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF). Un recul de 10 places par rapport à l’année dernière.

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