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Présidentielle au Nigeria : les Igbos voteront-ils pour Buhari ?

Présidentielle au Nigeria : les Igbos voteront-ils pour Buhari ?

Nigéria

En promettant de soutenir Atiku Abubakar à la présidentielle de février prochain, les leaders igbos semblent réitérer leur hostilité à Muhammadu Buhari. Pour plusieurs raisons.

Porte-étendard de l’opposition lors de la présidentielle de février 2019, Atiku Abubakar a discuté ce mercredi 14 novembre avec les principaux leaders igbos au sud-est du Nigeria.

Selon des médias locaux, la réunion a eu lieu à Enugu, capitale de l‘État du même nom, au sud-est du Nigeria. Venus des cinq principaux États de la zone dont Abia, Cross River et Ebonyi, ces chefs traditionnels et religieux, femmes et adolescents, ils ont été des dizaines de milliers à participer à cette réunion « inclusive ».

Au terme des échanges qui ont duré toute la journée, les cinq États igbos ont promis de soutenir Atiku Abubakar lors de la présidentielle de février 2019. « Nous devons glisser dans l’urne le bulletin d’Atiku Abubakar et de son colistier Peter Obi », a déclaré le professeur Ben Nwabueze au nom de l’assistance.

Un choix qui semble conforme au contexte. Notamment l’affaire Nnamdi Kanu. Même si la question a été abordée de vive voix lors de la réunion, de nombreux Igbos sont loin d’oublier les démêlées judiciaires du leader sécessionniste. « Buhari nous a endeuillés en arrêtant Kanu », s’est exclamé un jeune.

Affaire Nnamdi Kanu

Luttant pour l’indépendance du Biafra, le responsable du mouvement des peuples autochtones du Biafra (IPOB) est poursuivi pour trahison. Libéré sous caution (250.000 euros), le leader indépendantiste a été vu pour la dernière fois en septembre 2017, quelques jours après une perquisition de son domicile par l’armée.

Réapparu en octobre dernier en Israel, Nnamdi Kanu a appelé à boycotter la présidentielle à venir. Un appel que les « siens » Igbos ne semblent pas avoir écouté. Il est plutôt temps pour eux de mettre fin à une « discrimination » de longue date. « Le peuple Igbo du Nigéria a tenu une réunion d’une journée inclusive convoquée par les anciens, les chefs traditionnels et religieux le mercredi 14 novembre 2018 pour examiner la place des Igbos dans la vie politique notamment à l’orée des prochaines élections de 2019 », a ajouté Ben Nwabueze.

Une place qui s’annonce intéressante si Atiku Abubakar est élu, car Peter Obi, son colistier est natif de l‘État d’Anambra, donc un Igbo. « Il est regrettable que les pionniers de l’indépendance du pays aient été totalement marginalisés dans leur pays. C’est pourquoi nous sommes ici. Nous devons soutenir le ticket qui assurera notre survie (Igbo). Ce billet est le billet conjoint d’Atiku Abubakar et de Peter Obi ».

L‘éternelle question du Biafra

Ancien allié de Buhari et ancien vice-président de la République, Atiku Abubakar sera le porte-étendard du Parti populaire démocratique (PDP), principale formation de l’opposition. Depuis son départ en juillet dernier du All progress congress (APC, parti au pouvoir), il dit souvent être victime de menaces de la part du gouvernement. À l’image qde la fouille dont il aurait fait l’objet, il y a 3 jours à l’aéroport d’Abuja à son retour de Dubai.

Tout porte ainsi à croire qu’Atiku Abubakar est venu rendre visite à des « co-victimes » de Buhari. Lui qui participa en tant que soldat aux côtés des troupes de Lagos (ancienne capitale) à la guerre du Biafra (1967-1970) qui coûta la vie à près d’un million de Nigérians.

La visite d’Atiku en pays igbos pourrait donc être vue comme un coup de grâce à Buhari dans une zone d’une importance électorale optimale. Avec 28 millions d’individus, les Igbos constituent la troisième ethnie la plus importante du Nigeria derrière les Yorubas (39 millions, soit 20 %) et les Haoussas (35 millions, soit 18 %). Un véritable réservoir électoral dont pourrait profiter Atiku Abubakar.

Et bien que le report de voix ne soit pas automatique, le contexte ne plaide pas en faveur de Muhammadu Buhari dans le sud-est du Nigeria. Un sud-est qu’il a conquis en 2015 grâce en partie à son colistier de l‘époque Atiku Abubakar, natif de l’Adamawa, trait d’union entre le nord-est musulman et le sud-est chrétien.

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