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Présidentielle à Madagascar : Rajoelina et Ravalomanana confiants dans leur victoire

Présidentielle à Madagascar : Rajoelina et Ravalomanana confiants dans leur victoire

Madagascar

Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, deux des candidats à la présidentielle malgache, se sont dits confiants dans leur victoire après le premier tour organisé dans le calme mercredi dans ce pays coutumier des crises politiques.

La commission électorale nationale indépendante (Ceni) n’a pas commencé à publier les résultats. Mais dans la soirée, deux des favoris, des anciens présidents, ont pris la parole à leur quartier général respectif, satisfaits des premiers résultats communiqués par leurs représentants dans les bureaux de vote. 

“Les tendances (des premiers résultats) expriment la volonté de changement”, a déclaré Andry Rajoelina dans le studio de sa chaîne de télévision Viva, où avaient pris place des centaines de ses supporters euphoriques.

Le studio s’est transformé en discothèque quand les enceintes ont déversé, à pleins décibels, la chanson de campagne du candidat, un ancien organisateur de soirées âgé de 44 ans.

Au quartier général de Marc Ravalomanana où étaient réunis des dizaines de ses partisans, l’ambiance était moins survoltée.

“Je suis confiant mais on n’a qu’un résultat provisoire. (…) Je suis optimiste et positif. Je ne crois pas qu’il y aura un deuxième tour”, a déclaré Marc Ravalomanana, 68 ans. Si aucun des 36 candidats de la présidentielle n’a obtenu 50% des voix mercredi, un second tour est prévu le 19 décembre. 

Mercredi, les électeurs malgaches ont voté dans le calme pour cette élection à suspense dominée par trois ex-présidents: Marc Ravalomamana (2002-2009), Andry Rajoelina (2009-2014) et Hery Rajaonarimampianina (2014-2018), qui a respecté la constitution et démissionné en septembre pour pouvoir se représenter.

Des premiers résultats provisoires et très partiels sont attendus d’ici vendredi, mais la proclamation des résultats officiels est prévue le 28 novembre. 

Dans cette grande île de l’océan Indien au réseau routier délabré, l’acheminement d’une partie des procès-verbaux des bureaux de vote se fera par hélicoptère.  Cette élection est considérée comme un test après les crises à répétition de 2001-2002, 2009 et 2018. 

Mais les Malgaches ne se sont pas déplacés en grand nombre mercredi dans les bureaux de vote. En fin de journée le taux de participation “tournait autour des 44,5%”, selon la Ceni. Le scrutin doit être “l’occasion de consolider les acquis démocratiques”, a déclaré le chef de la mission des observateurs de l’Union européenne, Cristian Preda.

En 2002, Marc Ravalomanana avait été déclaré vainqueur de la présidentielle au terme de près de sept mois d’une crise politico-militaire.

En 2009, il avait démissionné, lâché par l’armée qui avait donné les pleins pouvoirs à un certain Andry Rajoelina après des affrontements qui avaient fait une centaine de morts.

Pour tenter d’apaiser le climat politique, les deux hommes avaient été interdits de se présenter à la présidentielle de 2013, remportée par Hery Rajaonarimampianina. Cette année, ce dernier a dû faire face à une fronde dans la rue de l’opposition.

‘Arrogants’

“J’espère qu’on n’aura pas de crise après cette élection, a déclaré une électrice, Eline Faraniaina, 60 ans. “Mais tel que je le vois, les candidats sont trop arrogants. Aucun ne veut perdre l‘élection”. 

Pour éviter tout dérapage, le président de la Haute Cour constitutionnelle Jean Eric Rakotoarisoa a “exhorté” mercredi “les candidats à ne pas annoncer de résultats” avant la Ceni. La présidentielle est l’occasion pour Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, les deux frères ennemis, de prendre leur revanche dans les urnes. 

Pour de nombreux électeurs, la priorité est la lutte contre la pauvreté et la corruption. Le pays figure au 155e rang sur 180 du classement de la perception de la corruption de Transparency International, et les trois-quarts de la population malgache vivent avec moins de 1,90 dollar par jour.

“Franchement, c’est difficile de vivre comme ça. Il y a des jours où je ne peux pas nourrir mes enfants”, a expliqué à l’AFP Tantely Randriandrina, une blanchisseuse qui gagne à peine plus d’1 dollar par jour.

Les trois favoris de la présidentielle, qui ont déployé pendant la campagne des moyens jugés “indécents” par l’ONG Transparency International, ont fait du développement leur priorité affichée. 

Mais les observateurs dénoncent des promesses sans financement concret. Face aux favoris, soutenus par des chaînes de télévision et des radios, les 33 autres candidats ont eu du mal à exister.

Mais Marie Albert Razafiniaina, 42 ans, a décidé de donner sa voix à l’un des outsiders: “La population en a marre de ces trois candidats. Ils ont été au pouvoir mais sans résultat”.

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AFP

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