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Tanzanie : réactions internationales après la chasse ouverte aux gays

Tanzanie : réactions internationales après la chasse ouverte aux gays

Tanzanie

La communauté internationale fait entendre sa voix après une campagne contre les homosexuels lancée par le gouverneur de la région de Dar es Salaam.

L’Union européenne pourrait bien réexaminer ses relations avec la Tanzanie. C’est en tout cas ce que laisse entendre une déclaration de l’institution qui a par ailleurs rappelé son ambassadeur dans le pays. Par cet acte, Bruxelles compte fermement dénoncer “la détérioration de la situation des droits de l’homme et de l‘état de droit dans le pays”, informe un communiqué.

La semaine dernière, Paul Makonda, puissant gouverneur de Dar es Salaam, et proche du président John Magufuli a déclaré une chasse ouverte aux homosexuels dans le pays. “J’ai des informations faisant état de la présence de nombreux homosexuels dans notre province (qui) s’en vantent sur les réseaux sociaux. À partir d’aujourd’hui jusqu‘à dimanche, donnez-moi leurs noms… Mon équipe ad hoc commencera à mettre la main sur eux lundi prochain”, avait-il prévenu au cours d’une conférence de presse.

Les Etats-Unis ont dès lors appelé leurs citoyens à la prudence et à éviter de s’exposer sur les réseaux sociaux où les autorités de Dar es Salam comptent sévir. Dans une note diffusée sur son site internet, l’ambassade américaine en Tanzanie conseille aux Américains de “supprimer ou éviter toute image et langage qui pourraient enfreindre les lois tanzaniennes relatives à la pratique homosexuelle”.

>>> LIRE AUSSI : Tanzanie : le gouvernement se dissocie de la campagne anti-gay d’un gouverneur

Le gouvernement se dissocie

Plus tôt, la semaine dernière, Amnesty International et le haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, ont dénoncé les propos du gouverneur, redoutant qu’ils ne débouchent sur “une chasse aux sorcières”, et ont appelé les autorités tanzaniennes à revoir leur législation qui criminalise les pratiques homosexuelles.

Dimanche soir, le gouvernement tanzanien a pris ses distances avec les propos du gouverneur de Dar es Salam, affirmant qu’ils reflètent “ses vues personnelles et non la position du gouvernement tanzanien”. Dodoma s’est par ailleurs engagé à “respecter et protéger ces droits tels qu’ils figurent dans (sa) constitution”.

Depuis son élection en 2015, John Magufuli s’est érigé en défenseur des “valeurs morales”. Il s‘était notamment insurgé contre les grossesses en milieu scolaire, fixant à l’occasion l‘âge minimum du mariage à 18 ans. La lutte contre l’homosexualité – punie d’une peine minimale de 30 ans pouvant aller jusqu‘à la perpétuité – figure aussi bien au rang de ses priorités.

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