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Allemagne : l'histoire glaçante de Niels Högel, l'infirmier tueur en série

Allemagne : l'histoire glaçante de Niels Högel, l'infirmier tueur en série

Allemagne

Il se nomme Niels Högel, est infirmier de son Etat, mais pas que ça. Jugé pour une centaine de meurtres qu’il a aisément reconnus, celui-là même qui était sensé venir en aide aux patients se vente d‘être le tueur en sérié le plus actif de l’histoire de l’Allemagne d’après-guerre. Mais il n’y a pas que lui. Nous évoquons aussi l’histoire d’autres ‘‘serial killers’‘ dans cet article. Incursion dans le monde sordide et glauque des tueurs en série, le genre d’individus qu’il ne fait pas bon croiser sur son chemin.

Niels Högel, 41 ans, verra son troisième procès débuter ce mardi. Il es accusé d’avoir assassiné une centaine de personnes. Son mode opératoire ? Il leur injectait une très forte dose de médicaments. Les motifs de tous ces crimes ? Högel a agi par ‘‘ennui’‘ et par volonté de briller, selon l’acte d’accusation du Parquet.

L’infirmier corpulent est condamné à vie depuis 2015 (avec une période de sûreté de 15 ans) après avoir été jugé et accusé du meurtre de six patients. Le ‘‘serial killer’‘ a aussi avoué avoir tué une trentaine de personnes. Et la liste ne s’arrête pas là ; il a ajouté avoir tenté d’en finir avec 60 autres personnes. Pour sa part, la police parle d’une liste bien plus longue, évoquant jusqu‘à 200 probables victimes. Des codétenus de Högel affirment que celui-ci s’est autoproclamé “plus grand tueur en série de l’histoire de l’après-guerre”, n’affichant pas le moindre remord pour tous les crimes commis.

J'ai tué tellement de femmes, j'ai du mal à m'y retrouver.

Au cours de ce procès, le juge a laissé entendre que l’infirmier “a agi par gloriole”, se servant de ses victimes “comme des pions”.

Le journal Nordwest Zeitung, dans sa tentative de cerner la personnalité de l’infirmier assassin, a procédé à la collecte d’un grand nombre de témoignages. Parmi les personnes interrogées, d’anciens professeurs et camarades de classe du tueur en série. Et les résultats de cette enquête sont plutôt flatteurs.

“Sympathique, serviable, amusant.” “En aucun cas un marginal.” “Un élève plutôt normal”, plus intéressé par le foot que par les études. Pour résumer, Niels Högel avait le parfait profil de l’individu sans histoire. Il a même vécu une enfance ordinaire. Né le 30 décembre 1976 à Wilhelmshaven (ville portuaire du land de Basse-Saxe, en Allemagne), celui qui est devenu un tueur sans pitié avait pourtant grandi dans une famille catholique qu’il décrit lui-même comme “chaleureuse et stable”.

Son père était infirmier. Et pour suivre les traces de son géniteur, il débute à l‘âge de 16 ans sa formation d’infirmier dans la ville qui l’a vu naître. Bien qu‘étant moyen, Niels Högel obtient tout de même son diplôme d’infirmier au bout de trois ans de formation. Il travaille sur place et y laisse le souvenir d’un ‘‘gentil’‘ jeune homme.

L’infirmier qui voulait réveiller les morts

Mais les démons qui hantent l’esprit de l’infirmier se réveillent en lui à partir de 1999 à l’hôpital d’Oldenbourg, où il décroche un poste cette année-là. L’hôpital, de grande renommée, semble tout à coup beaucoup trop au-dessus de ses compétences. Et le résultat est désastreux ; Högel, pour masquer ses carrences, se met à boire comme un trou et développe des tendances couplées à une peur exarcerbée de la mort.

Et ce sont les patients qui vont payer les pots cassés de cette schizophrénie naissante. Lorsque l’infirmier fou est de service, les réanimations et les décès en soins intensifs augmentent comme par enchantement. Högel devient ainsi “l’oiseau de mauvais augure”, celui avec qui personne ne rêve de travailler.

Et pourtant, les choses semblent plutôt bien se dérouler pour lui puisqu’en 2002, une lettre de recommandation lui procure de l’assise, le confortant dans sa position. Mieux, le tueur est même exempt de toute enquête. Que demander de plus ? L’assassin, marié et père d’une fillette, s’adonne plus que jamais à son jeu sordide. Il met cette fois-ci le cap sur l’hôpital voisin de Delmenhorst. La bas, on lui colle même le surnom de ‘‘Rambo de la réanimation’‘.

De 2000 jusqu’en 2005, l’apprenti sorcier a provoqué un arrêt du cœur à une dizaine de patients qui avaient eu le malheur de se retrouver dans deux hôpitaux où il travaillait. Högel avait tenté de les ramener à la vie. Parfois, il réussissait à le faire, mais souvent, il échouait.

Poussant le cynisme de ses séances délirantes à son paroxysme, il demanda à deux infirmières stagiaires (qu’il avait tenté de tuer par empoisonnement) d’y assister. Mais en 2005, la fin sonne pour le schizophrène lorsqu’il se fait prendre la main dans le cas.

Konstantin Karyofilis est psychiatre et a rédigé une expertise de 200 pages sur l’assassin. Pour cet expert en santé mentale, Niels Högel ne voyait pas ses victimes comme des “individus”. Les expertises psychiatriques ont mis en relief un “sévère trouble narcissique” chez cet individu pas comme les autres.

Et, selon Konstantin Karyofilis, cela a une explication ; Högel ne cherchait pas en réalité à tuer, mais à réanimer les patients. Et lorsqu’il y arrivait, il se sentait apaisé pour quelques jours. “Pour lui, c‘était comme une drogue”, ajoute le psychiatre.

L’historie des tueurs en série (aussi appelés psychopathes) effraie autant qu’elle fascine. Et les cas sont malheureusement légion. En voici quelques-uns.

Le Russe Alexandre Pitchouchkine fait partie de ce cercle de tueurs sans pitié. En 2007, il est condamné à vie pour avoir tué 48 personnes, principalement des ivrognes qu’il avait rencontrés dans un parc. La méthode de Niels Högel, comparée à celle de Pitchouchkine, semble douce ; le psychopathe Russe assénait des coups de marteau à ses victimes, ou en étranglait d’autres. Il lui arrivait aussi de noyer certaines d’entre elles dans les égouts et a même une fois défenestré l’un de ces malheureux ivrognes du… 16e étage.

Alexandre Pitchouchkine s‘était fixé un objectif des plus étranges ; tuer jusqu‘à 64 personnes, ce chiffre étant l‘équivalant des cases d’un échiquier.

Un autre Russe, Andreï Tchikatilo, a lui été condamné à mort en 1992 pour avoir violé, tué, puis mutilé des jeunes femmes, des adolescentes et aussi des petites filles entre 1978 et 1990 à travers toute la vase Russie, mais aussi l’Ukraine et l’Ouzbékistan. Total de ses victimes : 52.

Le juge Viktor Bourakov révèle que l’“Ogre de Rostov”(le surnom de Tchikatilo) avait pour armes “un couteau, de la ficelle, ses mains et ses dents”. Cet ancien enseignant, qui menait apparemment une vie tranquille de père de famille, a été exécuté en 1994. Les choses ne se sont pas bien déroulées lors de l’enquête, puisqu’une colossale erreur judiciaire avait été enregistrée ; un innocent avait d’abord été exécuté pour les crimes commis par Andreï Tchikatilo.

Des psychopathes aussi insensibles que déterminés

En Chine, Yang Xinhai, 35 ans et tueur en série de son Etat, est exécuté en 2004. L’homme avait commis 67 meurtres entre 2000 et 2003. Son style était d’une brutalité déconcertante ; se déplaçant à vélo à travers la Chine, il s’introduisait nuitamment dans les maisons et y commettait son carnage, massacrant tous ceux qu’il trouvait… à la hache, au marteau ou encore à la pelle.

Le Chinois commettait aussi des viols et des vols, mais la police chinoise reste convaincue que le plaisir de tuer était le catalyseur de ses actes.

Les Etats-Unis sont connus non pas seulement pour leur développement, mais aussi pour la violence qui y prévaut. Et des tueurs en série comme Gary Ridgway y font des ravages. Condamné en décembre 2003 à la prison à perpétuité, il a tué dans la région de Seattle 48 femmes entre 1982 et 1984. La majorité de ses victimes étant des prostituées ou des fugueuses.

Considéré comme l’un des pires tueurs en série des annales judiciaires américaines, celui que l’on surnomme “le tueur de la Green River” (du nom du cours d’eau où sont retrouvées ses cinq premières victimes) ne se cache pas de ses crimes. Il a même lâché lors de son procès : “j’ai tué tellement de femmes, j’ai du mal à m’y retrouver.”

La Grande-Bretagne a elle aussi son lot de psychopathes. Harold Shipman était médecin de famille. Tout ce qu’il y a de plus ordinaire, et même souhaitable, direz-vous. Mais sous la blouse du gentil toubib, se cachait un monstre qui n’avait que faire du serment d’Hypocrate, ayant plutôt opté pour le ‘‘serment du psychopate’‘.

Le médecin a été condamné à vie en 2000 pour le meurtre de 15 personnes. Entre 1975 et 1998, le tueur en blouse blanche a injecté de la morphine à ses victimes. Préférant une fin des plus brutales, il se pend dans sa cellule de prison en 2004.

Mais les 15 victimes de celui qui porte le surnom de ‘‘Docteur de la mort’‘ n‘étaient que le sommet émergé de l’iceberg. En 2005, une enquête plus poussée des services de police lui colle le meurtre de… 250 patients, tous tués dans son cabinet. A ce jour, le nombre exact des victimes de Shipman n’est pas encore connu.

La Colombie figure sur la liste des ‘‘serial killers’‘ avec un certain Luis Alfredo Garavito. Vendeur ambulant, Alfredo Garavito (voir photo), alias “le monstre de Genova” (le nom de sa ville natale), a pris jusqu‘à 835 ans de prison pour le meurtre de 189 garçons. Ses malheureuses victimes étaient âgées de 8 à 16 ans et l’assassin sévissait à travers toute la Colombie.

“Le monstre de Genova” adoptait différentes stratégies d’approche. Tantôt handicapé, tantôt moine ou encore employé d’une ONG, ce psychopathe attirait les petits garçons dans des endroits éloignés des regards indiscrets, utilisant comme appâts de l’argent ou des friandises. Une fois sûr de ne pas être dérangé, il offrait de l’alcool aux enfants pour ensuite les violer. Ne s’arrêtant pas là, il les tuait à coups de couteau ou en leur tirant dessus. Luis Alfredo Garavito allait parfois encore plus loin, décapitant certaines de ses jeunes victimes. Il a commis quatre de ses crimes en Equateur.

Pour clore cette liste macabre et malheureusement non-exhaustive des ‘‘serial killers’‘, un autre Colombien ; Pedro Alonso Lopez Monsalve. Ce dernier agissait dans le même registre que son compatriote Alfredo Garavito. Une fois arrêté en 1980 pour avoir essayé d’enlever une petite fille, il passe tout de suite aux aveux.

Des aveux qui glacent le sang, puisqu’il admet avoir étranglé pas moins de… 310 enfants issus des milieux pauvres. L’homme a commis ses nombreux crimes non seulement en Colombie, mais aussi en Equateur et au Pérou. D’abord accusé du viol puis du meurtre de quatre enfants en Equateur, ‘‘le monstre des Andes’‘ coopère. Il conduit la police dans un champ, où l’on retrouve 53 cadavres de petites filles.

Mais la justice a ses raisons que la raison elle-même ignore. Le pédophile et tueur d’enfants n’est condamné qu‘à 16 ans de prison, la peine maximale en Equateur. En 1994, ‘‘le, monstre des Andes’‘ est extradé vers la Colombie et atterrit dans un hôpital psychiatrique. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Alonso Lopez Monsalve sort libre de cet hôpital et s‘évapore dans la nature.

D’après certaines sources, cet assassin serait encore en vie et aurait 70 ans, un âge que ses pauvres petites victimes n’atteindront jamais.