République Centrafricaine
La Cour pénale spéciale pour la Centrafrique a ouvert ses portes ce lundi à Bangui la capitale. Cela, au cours d’une session inaugurale. Cette Cour dite hybride est composée de 25 juges, dont 13 nationaux et 12 internationaux. Et sa tâche est herculéenne ; juger les innombrables crimes commis en RCA de 2003, à ce jour.
La Cour se garde de divulguer sa stratégie de poursuite et d’enquête. Le secret reste aussi bien gardé les réserves d’or d’une banque de renom. Par contre, son principal objectif est évoqué ici par Alain Ouaby-Bekaï, le Procureur spécial adjoint pour la CPS (Cour pénale spéciale) :
‘‘C’est un sentiment de fierté. Pas pour moi seul, mais pour le peuple centrafricain. Nous voulons la justice pour les victimes, suite aux graves crimes qui ont été donc commis dans ce pays. Le président de la République veut la lutte contre l’impunité, qu’il y ait réparation de toutes les victimes et c’est à partir de ces réparations que nous aurons la paix. C’est pourquoi nous pensons que pour nous, Centrafricains, c’est un grand pas. Un grand pas pour la paix en Centrafrique.’‘
Cinq ans. Telle est la période accordée à cette Cour spéciale pour mener à bien ses investigations.
La CPS installée, les plaignants pourront enfin déposer leurs requêtes, qui seront suivies d’enquêtes. Les nombreuses victimes, qui ont longtemps attendu ce moment, ne cachent pas leur impatience. Du moins, si l’on s’en tient aux propos de Pierre Brunisso, coordinateur du projet conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme :
‘‘nous sommes dans l’attente. Les victimes sont dans l’attente du lancement des premières enquêtes. Nous attendons également la publication des critères de poursuite du procureur qui détermineront sa politique pénale.’‘
Avant d‘évoquer la lourdeur de l’appareil judiciaire : ‘‘on attend avec impatience. La justice prend du temps, la mise en place des équipes prend également du temps. C’est néanmoins le moment opportun pour lancer les premières enquête.’‘
La CPS était attendue depuis plusieurs mois par les Centrafricains. En RCA, le système judiciaire est aux abois et en pleine reconstruction. Du fait de la guerre civile, bon nombre de Cours de justice ont été détruites et l’instabilité quasi-chronique qui prévaut dans le pays coupe certaines régions de la RCA de l’appareil judiciaire.
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