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En Côte d'Ivoire, la maturité électorale se fait attendre

En Côte d'Ivoire, la maturité électorale se fait attendre

Côte d'Ivoire

Les élections locales et régionales, un test grandeur nature sur la maturité politique, mais aussi électorale en Côte d’Ivoire. Le pays d’Houphouët Boigny a-t-il passé ce test avec succès ? Difficile de répondre par l’affirmative.

Fin de l‘épisode des élections locales et régionales en Côte d’Ivoire. Avec la proclamation des résultats dans la commune du Plateau, la plus stratégique et la plus riche du pays, l’apaisement a regagné le pays qui a vibré ces derniers jours au rythme de violences et d’excentricités verbales, rappelant dangereusement les durs événements de la crise postélectorale de 2010-2011 qui a fait au moins 3 000 morts.

Pour ces locales, le bilan est sombre. Au moins deux morts et plusieurs blessés, notamment dans les villes de Séguéla et de Grand-Bassam. Plusieurs dégâts matériels ont également été répertoriés. Tout au long de la campagne jusqu’au scrutin, des rapports de tentative d’intimidation ou encore de fraudes massives ont émergé.

C’est notamment le cas de l’ancien international Bonaventure Kalou qui briguait un ticket de maire dans sa ville d’origine Vavoua. L’ancien Éléphant a du reste dénoncé une tentative d’intimidation de la part d’un ex-comzone, Koné Zacharia, dont un proche briguait également le poste de maire dans la même ville.

Au Plateau, la bataille entre Sawegnon, spécialiste de la communication ayant orchestré les campagnes de plusieurs chefs d’Etat africains, soutenu par la coalition du président Alassane Ouattara, et Jacques Ehouo, le député de la circonscription surnommé “Sans bruit”, a tenu le pays en haleine.

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Instabilité politique

Plus de six millions d’Ivoiriens étaient appelés à voter à ces élections locales, dont le principal enjeu était de mesurer les forces en présence avant la présidentielle de 2020, notamment parmi les membres de l’ex-coalition au pouvoir. Au-delà, ces élections ont surtout fait surgir des craintes quant au déroulement de ces futures joutes auxquelles le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Rassemblement des Républicains, anciens alliés, partent en rangs dispersés.

Principalement composée du PDCI et du parti du président Ouattara, le Rassemblement des républicains (RDR), la coalition au pouvoir, le RHDP a explosé. Le PDCI a refusé de s’y maintenir, estimant que le parti de Ouattara tentait de l’absorber pour pouvoir présenter son candidat à la présidentielle. Le PDCI, qui a soutenu Ouattara en 2010 et 2015, entendait que le RDR lui rende la pareille en 2020 en soutenant un candidat PDCI.

“Je m‘étonne de l’immixtion du chef de l’Etat (Alassane Ouattara) dans les proclamations des résultats de cette élection” a accusé lundi l’ancien président Henri Konan Bédié, le chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), à l’issue du congrès extraordinaire de son parti.

Depuis son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire n’a jamais connu d’alternance démocratique apaisée. Installé au pouvoir suite au décès du premier président ivoirien Félix Houphouët Boigny, en 1993, alors qu’il était le président de l’Assemblée nationale, Henri Konan Bédié a remporté la présidentielle contestée de 1995.

En 1999, soit un an avant la fin de son mandat, l’ancien président a été chassé du pouvoir par un coup d’Etat qui a vu l’arrivée du général Robert Guéï. L‘élection présidentielle de 2000 disputée par ce dernier et l’ex-président Laurent Gbagbo a ouvert la voie à de graves violences. Idem pour les élections d’octobre 2010 qui ont plongé le pays dans l’instabilité.

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