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Soweto : de l'autodéfense à l'école pour lutter contre les viols

Soweto : de l'autodéfense à l'école pour lutter contre les viols

Afrique du Sud

Pour Debi Steven, une Sud-Africaine victime de viols dans son enfance, le meilleur moyen de surmonter son traumatisme est d’aider les autres.

Son organisation, Action breaks Silence, apprend aux élèves filles à se défendre, et aux garçons à comprendre l’ampleur du problème, dans un pays où plus de 130 plaintes pour viol sont enregistrées chaque jour par la police.

‘‘Ce qui est incroyable avec ces ateliers d’auto-défense, c’est qu’en fait, on ne se concentre pas sur l’aspect physique, mais sur le mental. On utilise le physique comme un outil pour renforcer leur esprit.’‘ Explique-t-elle.

''On ne sait plus à qui faire confiance, qui aimer, à qui s'attacher. parfois même, on n'autorise pas des gens à aimer nos enfants comme ils le voudraient, car on pense toujours au pire".

‘‘Le viol, c’est une agression, parce que personne n’a le droit de te toucher là où tu n’en as pas envie. Donc il faut que je sorte toute la colère que j’ai dans le ventre, et que je me batte !’‘ déclare Nunkululeko, 11 ans, écolière.

“Dans la culture africaine, on inculque aux garçons qu’ils doivent cacher leurs émotions. Les montrer est une faiblesse”, explique Isaac Mkhize, un instructeur lui aussi victime de viols.

“Si vous ne parlez pas, vous refoulez et vous allez exploser et déraper”, prévient un psychologue, Thabiso Mailula, qui a collaboré avec ABS.

Un véritable fléau

En Afrique du Sud, le viol est un fléau. Les statistiques officielles donnent le vertige. Sur les douze mois courant d’avril 2017 à mars 2018, 40.035 viols ont été recensés, soit 110 par jour.

‘‘En Afrique du Sud, chaque jour, deux femmes sont assassinées par quelqu’un qu’elles aiment. Pas un étranger. Quelqu’un qu’elles aiment. J’ai dit à ma mère que j’avais été violée, elle m’a dit que je mentais. En tant que mère, qu’est-ce que vous en pensez ? Pour elle, il fallait que ce soit un mensonge. Parce qu’elle ne pouvait pas accepter la vérité, elle a tout rejeté sur moi, et nous réfléchissions à ça.” Raconte Debi Steven, fondatrice de ABS et survivante de viol.

Ces cours apprennent aux filles “à ne pas se taire”, se réjouit une mère, Mali Masondo, violée dans son enfance et longtemps contrainte au silence par sa famille.

Le programme de formation de l’ONG “ne se focalise pas sur l’aspect physique. Il vise à l‘émancipation” des femmes, explique Debi Steven. Son ONG cherche à développer l’empathie des garçons envers les filles, afin de prévenir tout comportement abusif.

Conquis par l’approche d’ABS, qui a sensibilisé plus de 13.000 enfants dans le pays, le ministère sud-africain de la Santé vient de faire appel à l’ONG pour former 160 instructeurs antiviol.

AFP

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