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Inspire Middle East : des vertus de la Mer Morte aux danseurs du Koweït

Inspire Middle East : des vertus de la Mer Morte aux danseurs du Koweït

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Inspire Middle East vous emmène pour un voyage à travers différents pays du Moyen-Orient pour des découvertes inattendues :

- en Jordanie, aux abords de la Mer Morte, où la médecine naturelle se pratique depuis l’époque de Cléopâtre, grâce à une terre riche en minéraux ;

- au Koweït, où le popping et la danse hip-hop en général se développent de plus en plus ;

- et aux Émirats arabes unis, où une course bien particulière s’est déroulée le long du littoral de la capitale.

Les bateaux-dragons d’Abu Dhabi

La course de bateaux-dragons d’Abu Dhabi se déroule depuis 11 ans et 70 équipes venues de tout le pays y participent. Au-delà de la force, le travail d’équipe est primordial.

Avec des équipes composées de 10 à 20 personnes, les pagayeurs doivent se coordonner pour propulser ce bateau de 275 kg en fibre de verre.

Celui-ci peut glisser à une vitesse pouvant atteindre 18 km/h et comme nous l’ont expliqué les membres des Dragons du désert, plus l’équipe est harmonieuse sur l’eau, plus on a de chance de remporter la course.

Telle est la clé du succès pour Anan al-Amri, la seule pagayeuse émiratie de son équipe multiculturelle :

“Tout est dans l’esprit d’équipe. C’est ça le mieux dans ce sport ! Quand on est assis dans ce bateau, qu’on est tous synchronisés, on ne forme plus qu’un !”

La tradition du bateau-dragon serait née il y a plus de 2000 ans dans le sud de la Chine. La version sportive et moderne a débuté en 1976 et c’est désormais un sport de compétition populaire à travers le monde.

Aux Émirats, la discipline s’est notamment développée grâce au Canadien Jason McKenzie, un entrepreneur qui a lancé un club de pagayeurs il y a une douzaine d’années. Si au début, Jason n’avait que 20 équipes à entraîner, c’est une toute autre histoire aujourd’hui :

“Quand nous avons commencé, personne n’avait la moindre idée de ce qu’était le bateau-dragon. Depuis, nous sommes de plus en plus nombreux chaque année et il y a maintenant plus d’une centaine d’équipes qui participent à des compétitions tout au long de l’année.”

Les Émirats arabes unis n’ont pour le moment pas d’équipe nationale, mais des équipes mixtes d’Émiratis et d’expatriés se réunissent lors d’évènements locaux et internationaux.

L’équipage des Dubai Diggers ont même remporté le Championnat du monde des clubs à Hong-Kong en 2012.

“Nous sommes la première équipe du Moyen-Orient à avoir décroché une médaille d’or. C’était génial. Nous avons remporté une autre victoire en Australie, lors de la course mixte de 2 kilomètres, en battant une équipe philippine qui était invaincue depuis 5 ans !”, raconte Daniel Wood, avocat et membre de l‘équipe des Diggers.

Viser la victoire, c’est aussi l’objectif de l’équipe féminine des Émirats ! Les pagayeuses ont d’ailleurs brillé cette saison lors de course du 200 mètres à Abu Dhabi.

Melissa O’Brien, mère de deux enfants, s’entraîne trois fois par semaine depuis maintenant 10 ans. En plus des coupes et des médailles, elle a trouvé une seconde famille grâce au sport :

“Dans l’équipe, il y a des mères au foyer, des femmes qui travaillent… On se surnomme ‘la famille bleue’ ou ‘sœurs de pagaie’. Il y a vraiment un esprit très familial, très soudé. On se soutient et on fait attention l’une à l’autre.”

Les vertus de la Mer Morte

Avec son eau cristalline et les montagnes du désert, c’est l’un des plus grands trésors écologiques au monde.

Situé à 430 mètres sous le niveau de la mer, les anciens Romains ont baptisé l’endroit la “Mer Morte”, aucune espèce ne pouvant survivre dans des eaux aussi salées.

L’eau de mer et la boue, riches en minéraux et en vitamines, ont longtemps été utilisées pour soulager certaines maladies. La reine égyptienne Cléopâtre a même fait construire la toute première clinique au monde à cet endroit.

Plus de 2000 ans plus tard, le Dr Zuhair Bisharat continue de traiter ses patients avec les mêmes pratiques traditionnelles :

“Ces éléments uniques n’existent que dans la mer Morte, tous les sels présents dans l’eau de la mer Morte se retrouvent aussi dans la boue. Nous les utilisons pour traiter des maladies de la peau telles que le psoriasis, l’arthrite et les troubles articulaires.”

Hans, par exemple, souffre de psoriasis et d’arthrite. Il se rend à la clinique chaque année pour prendre soin de sa peau :

“En Allemagne, on me prescrit beaucoup de pilules et de crèmes, mais aucun médicament ne peut vraiment m’aider. A chaque fois que je me soigne ici à la Mer Morte, ensuite je vais mieux durant des mois.”

Au cours de la dernière décennie, la médecine naturelle a gagné en popularité. Le marché mondial des médecines alternatives devrait générer un chiffre d’affaires de 197 milliards de dollars d’ici 2025. Les deux tiers de la population mondiale ayant déjà recours aux thérapies alternatives, selon le cabinet de conseil Grand Review Research.

Dans un magasin d‘épices au centre-ville d’Amman, Mohammad Herzalla prescrit des remèdes de médecine traditionnelle depuis 25 ans – un savoir-faire qui se transmet de génération en génération.

“Je prépare des remèdes pour soulager de graves maladies comme le cancer, mais il y en a aussi pour traiter le rhume, la grippe ou encore les maux d’estomac”, répertorie l’apothicaire.

Les prescriptions de Mohammad sont basées sur des recettes d’anciens érudits musulmans. Du VIIIe au XIIIe siècle, la médecine arabe était en effet la plus développée du monde entier.

Grâce à la connaissance des herbes et des épices, les médecins ont ainsi repoussé les limites de la science. Les chercheurs explorent et exploitent encore aujourd’hui leurs propriétés curatives.

“Le thym sauvage, par exemple, permet d’élargir les voies respiratoires et d’atténuer les symptômes de l’asthme”, souligne le chercheur Sameh Khatabeh.

Au Xe siècle, les pharmacies étaient omniprésentes et des hôpitaux gratuits ouverts 24h/24.

Les hôpitaux de l‘époque possédaient des jardins comme celui-ci, où les onguents étaient préparés et prescrits aux patients. Les marchands parcouraient alors la route de la soie, de plus en plus de plantes exotiques ont ainsi été cultivées et de nouveaux médicaments ont été découverts.

Lorsque Gengis Khan et son armée mongole ont conquis le monde islamique au XIIIe siècle, l‘âge d’or de la science a pris fin, permettant à l’Europe de prendre les rênes de la médecine.

Il aura fallu attendre un millénaire pour voir la publication du premier dictionnaire médical arabe.

“Je me suis rendu compte qu’il n’existait pas de dictionnaire médical en langue arabe. Or il y a plus de 400 millions d’Arabes, et la plupart d’entre eux ne parle pas anglais, il en fallait donc un”, explique le Dr Abdelaziz Allabadi, auteur de ce premier dictionnaire en arabe.

La région n’avait pas seulement besoin d’un dictionnaire, elle manquait aussi de références facilement accessibles en ligne. Avec son fils Jalil, le duo familial a lancé Altibbi, la première plate-forme de santé numérique du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Le Koweït entre pas à pas dans la danse

Après avoir quitté l’école de danse à New York à la suite d’une blessure, Sara al-Homood redécouvre la scène de son pays d’origine :

“Ici, il y a plus de styles différents, plus de mélanges, que ce soit du hip-hop ou d’autres danses. J’ai découvert la salsa par exemple.”

Dans la capitale, le danseur de popping Doss est une véritable icône et une inspiration pour de nombreux danseurs. La star d’Instagram profite de son statut pour promouvoir des projets de développement pour la jeunesse.

“Je me sers des réseaux sociaux pour faire parler de mon art. Cela permet de faire découvrir de nombreux talents, et pas seulement auprès des jeunes ! Aujourd’hui, même les personnes plus âgées apprécient mon style”, se réjouit Doss al-Eidani.

Les danseurs du Koweït se battent pour développer leur art et l’intégrer vraiment dans la société. Même si elle n’est pas complètement interdite, la pratique de la danse est en effet encore très encadrée, mais l’ouverture d’un nouveau centre culturel dans la capitale donne de l’espoir aux jeunes artistes comme Sara.

“C’est le genre de chose qui peut rendre l’art – en général – plus accessible au Koweït, tout particulièrement pour les jeunes, c’est vraiment important. La scène pourrait accueillir toutes sortes de spectacles de danse. Cela ouvre des perspectives”, témoigne la jeune femme.

La danseuse poursuit ses études en économie mais n’a qu’un seul rêve : ouvrir un jour son propre studio dans son pays.

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