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Niger : le gouvernement accepte la révision du code électoral

Niger : le gouvernement accepte la révision du code électoral

Niger

Pouvoir et opposition au Niger ont mis sur pied un Comité chargé de faire des propositions en vue d’une “révision” du code électoral fortement contesté par les partis d’opposition, a annoncé samedi la télévision nationale.

Ce comité a été installé vendredi à Niamey par le Premier ministre Brigi Rafini, a indiqué la télévision d’Etat.

Le comité est chargé “de faire des propositions d’amendement” pour “des élections consensuelles et transparentes”, a expliqué M. Rafini, lors d’une cérémonie, en présence des représentants du pouvoir et de l’opposition.

"Nous devons continuer à nous mobiliser (...), les mesures injustes sont reconduites dans le projet de loi de finances 2019".

Le code électoral “constitue un recul grave pour notre système électoral”, avait récemment dénoncé, Massani Koroné, un proche de l’ex-chef de la diplomatie, Ibrahim Yacoubou, devenu opposant après avoir été limogé en avril. 

L’opposition monte au créneau

Depuis 2017, l’opposition nigérienne conteste le nouveau code électoral élaboré sur une base “non-consensuelle” et “sans sa participation”.

Les opposants rejettent également la nouvelle Commission nationale électorale indépendante (Céni) issue de ce même code et où elle refuse de siéger.

Des proches de l’opposition, dont Hama Amadou, arrivé deuxième à la présidentielle de 2016, qui vit en exil, participent au comité de révision du code électoral.

M. Amadou court le risque de se voir écarter du prochain scrutin en vertu d’une disposition de l’actuel code, qui disqualifie pour une élection toute personne ayant été condamnée à un an de prison. Hama Amadou a été condamné à un an de prison dans une affaire de trafic international de bébés.

On ignore si cette disposition sera concernée par une révision.
Des élections présidentielle et législatives doivent avoir lieu en 2021 au Niger.

Ces scrutins doivent normalement être précédés par des élections municipales et régionales d’abord prévues pour janvier 2017, avant d‘être reportées.

Le président Mahamadou Issoufou, réélu en 2016 pour un second quinquennat, a assuré qu’il ne modifierait pas la Constitution pour briguer un troisième mandat.

Une manifestation contre la loi de finances

En marge de cette réunion, près de quatre mille personnes ont manifesté à Niamey contre la loi de finances 2019 qu’elles jugent “antisociale”, ont estimé les organisateurs.

‘‘À bas la loi de finances”, “Vive la société civile”, ont scandé les manifestants, qui étaient moins nombreux que lors de précédentes manifestations dans la capitale nigérienne.

Les protestataires ont également tenu un meeting devant le Parlement.

“Notre combat va continuer de façon plus résolue, plus déterminée”, a prévenu devant la foule Nouhou Arzika, une figure de la contestation.

Une manifestation similaire a été organisée à Dosso, dans le sud du pays, selon les organisateurs.

Depuis octobre 2017, un collectif de la société civile, de l’opposition politique et de quelques syndicats organise de nombreuses manifestations pour demander l’abrogation de la loi de finances. Ils reprochent au gouvernement d’avoir créé de nouvelles taxes et de nouveaux impôts et surtout d’avoir “accordé des cadeaux fiscaux d’une vingtaine de milliards de francs CFA” (une trentaine de millions d’euros) aux compagnies de téléphonie.

Le gouvernement a cependant décidé de rétablir en 2019 la taxe sur les appels internationaux, supprimée en 2018, arguant que les compagnies de télécoms n’ont pas tenu leurs engagements d’améliorer leurs prestations. Une “mission du FMI a félicité le gouvernement pour le niveau de recettes total de 438,8 milliards francs CFA pour un objectif de 380 milliards francs CFA”, a annoncé, devant les parlementaires Hassoumi Massoudou, le ministre nigérien des Finances. “Sur les six premiers mois, nous avons dépassé les objectifs de la loi de finances 2018”.

En avril, le président nigérien Mahamadou Issoufou avait estimé que la loi de finances “répondait aux aspirations du peuple nigérien” et que sa contestation par “une minorité”, devait “s’exercer dans le cadre des lois en vigueur”.

AFP

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