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Nigeria : Boko Haram continue sa sanglante purge en son sein

Nigeria : Boko Haram continue sa sanglante purge en son sein

Nigéria

La tristement célèbre secte islamiste aurait éliminé la semaine dernière Ali Gaga, un de ses chefs locaux. Celui-ci, aux dires de la presse nigériane, aurait été exécuté pour ‘‘trahison’‘. L’homme avait semble-t-il nourri le projet de se rendre. Ce qui se paie très cher au sein de la sanguinaire secte. Explications.

Si la mort d’Ali Gaga est confirmée, il sera alors le deuxième chef islamiste à être passé par la trappe au sein de Boko Haram en un mois.

La Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique (l’autre nom de la secte djihadiste) était dirigée jusqu‘à ce jour par trois hommes ; Abou Mossab al-Barnaoui, le numéro un du groupe, toujours à son poste. Venait ensuite Mamman Nur, le numéro deux, qui aurait passé l’arme à gauche en août dernier. Il aurait été exécuté par ses compagnons djihadistes. Le troisième, Ali Gaga, aurait subi le même sort que le second.

Il y a des petits chefs de Boko Haram qui ont négocié leur ralliement, parfois même pour certains, leur intégration dans les forces irrégulières...

D’après les informations fournies par des observateurs de Boko Haram, les deux dirigeants exécutés (Mamman Nur et Ali Gaga) étaient plutôt des partisans de la modération. Ils se seraient même plusieurs fois opposés à l’utilisation de petites filles comme chair à canon (Boko Haram fait d’elles des kamikazes).

Les deux infortunés ne tournaient pas non plus le dos au dialogue. Leur propension à dialoguer aurait même permis la libération des ‘‘filles de Dapchi’‘ en mars dernier. Pour certains, c’est cette initiative qui aurait précipité les deux hommes dans le ventre de la nuit.

Les modérés, mal acceptés au sein du groupe djihadiste

En effet, les durs à cuire de Boko Haram, les partisans du tout ou rien, auraient exprimé leur mécontentement aux deux dirigeants après la libération des centaines d‘écolières de Dapchi. Pour ces têtes brûlées, le manque de rançon (ou l’absence de partage de la rançon) en échange de la libération des écolières était inacceptable.

Interrogé par nos confrères de RFI sur le fait qu’Ali Gaga ne se rende aux autorités avec des otages, Vincent Foucher, spécialiste de Boko Haram au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), fait savoir ceci :

‘‘C’est assez plausible. D’abord, parce que cela s’est produit par le passé. Il y a des petits chefs de Boko Haram qui ont négocié leur ralliement, parfois même pour certains, leur intégration dans les forces irrégulières, milices qui sont engagées aux côtés des forces de l’Etat contre Boko Haram.’‘

Se penchant sur les conditions improbables qui prévalent au sein de la secte, Foucher ajoute : ‘‘et puis les conditions sont quand même dures, il y a la menace des attaques, le ravitaillement n’est pas simple. Donc on peut imaginer qu’un chef puisse décider de faire défection.’‘

Les radicaux seraient en train de reprendre le dessus sur les modérés. Du moins, si l’on s’en tient à l’analyse de Vincent Foucher : ‘‘il semble que ce soit ces rebelles plus radicaux qui sont en train de prendre le dessus dans la faction Province Afrique de l’Ouest de l’Etat islamique, sur une ligne plus dure, peut-être aussi avec un lien plus étroit avec l’Etat islamique.’‘

L’ordre de l’exécution de Mamman Nur et d’Ali Gaga serait venu de plus haut, de l’Etat islamique.

Pour rappel, Boko Haram a fait allégeance à l’Etat islamique le 7 mars 2015, sur les réseaux sociaux. Sa demande a trouvé un écho favorable le 12 mars de la même année, soit cinq jours après, par la voix d’Abou Mohamed Al-Adnani, porte-parole de l’EI. Sa voix, présentée comme un discours, avait été diffusée sur les réseaux sociaux.

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