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Au Rwanda, Kagame menace les opposants récemment libérés

Au Rwanda, Kagame menace les opposants récemment libérés

Rwanda

L’humilité et la prudence. Deux qualités que devraient développer les opposants récemment graciés au Rwanda. C’est en tout cas ce que leur recommande le chef de l’Etat Paul Kagame, au risque qu’ils se retrouvent de nouveau en prison, a-t-il menacé ce mercredi alors qu’il s’adressait aux nouveaux parlementaires.

Le disant, le président rwandais lance une pierre dans le jardin de l’opposante Victoire Ingabire, qui, comme plus de 2 000 détenus, est bénéficiaire de la grâce présidentielle. Si l’opposante a remercié le chef de l’Etat pour cet acte, elle a toutefois appelé le dirigeant à libérer tous les prisonniers politiques – dont la candidate à la présidentielle de 2017 Diane Rigwara – et ouvrir davantage l’espace politique.

Mme Ingabire avait été arrêtée en 2010 peu de temps après son retour au Rwanda alors qu’elle voulait se présenter à la présidentielle contre Paul Kagame comme candidate du parti des Forces démocratiques unifiées (FDU-Inkingi), une formation d’opposition non reconnue par les autorités de Kigali. Elle purgeait une peine de 15 ans de prison prononcée en 2013 par la Cour suprême pour “conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre” et “minimisation du génocide de 1994” qui a fait 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Aucune pression

Une condamnation qui avait fait couler beaucoup d’encre, tant au niveau de la société civile rwandaise qu’au niveau des défenseurs des droits de l’homme. Mais face aux parlementaires, Paul Kagame a écarté toute pression qu’aurait subie le gouvernement pour la libération de l’opposante, encore moins des autres détenus.

C’est vrai qu‘à Kigali, les observateurs de la vie politique tentent depuis de décoder les raisons qui ont conduit à la vaste vague de libération de la semaine dernière. “Si nous n’accordions pas notre clémence, combien de personnes seraient encore en prison ? Nous aurions encore 100 000 en prison”, a déclaré le président. “Mais pour construire notre pays, nous avons pris la décision de réhabiliter nos citoyens afin de leur permettre de contribuer à la vie du pays”, a expliqué M. Kagame.

Réélu en août 2017 pour un troisième mandat de sept ans, Paul Kagame est crédité de l’important développement d’un pays exsangue au sortir du génocide en 1994. Mais il est aussi régulièrement accusé de bafouer la liberté d’expression et de museler toute opposition. Des accusations que le président rwandais a toujours démenties.

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