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Les stades africains de plus en plus meurtriers [Sport]

Les stades africains de plus en plus meurtriers [Sport]

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Le football africain est aujourd’hui associé à la mort. Le week-end dernier, était un des plus passionnant pour les fans de football sur le continent car il y avait beaucoup de matches pour les éliminatoires de la CAN 2019, mais sur la Grande Ile Madagascar, une personne a perdu la vie et 40 autres ont été blessés juste avant le match qui oppposait Madagascar au Sénégal.

Et ce n’est pas le premier incident du genre en Afrique. Encore une fois, ce n’est même pas le pire. Au cours des dernières décennies, le continent a connu plusieurs catastrophes dans les stades. Ironiquement, avec l’insécurité croissante, aucun incident n’a été le résultat d’un acte terroriste. Toutes ces tragédies découlent d’un mauvais contrôle de la foule, d’un zèle policier excessif et d’un mauvais comportement des supporters.

Le 9 mai 2001, le pire désastre de stade en Afrique s’est produit à Accra au Ghana, après un match entre Hearts of Oak et Asante Kotoko. Hearts a marqué deux buts en fin de match et menait le match lorsque des supporters de Kotoko ont lancé des objets sur le terrain et brisé des sièges. La police a tiré des gaz lacrymogènes dans les gradins et 127 personnes ont perdu la vie à la suite de la débandade qui a suivi.

Au stade Frédéric Kibassa Maliba de Lubumbashi en RDC, les clubs locaux TP Mazembe et St Eloi Lupopo se sont affrontés le 29 avril 2001. Il s’en est suivi un mouvement de foule et, encore une fois, la police a tiré des gaz lacrymogènes dans la foule. Au total, 14 victimes dans la débandade qui a suivi.

En 2012, 74 personnes ont été tuées lorsque des supporters de l‘équipe égyptienne d’Al Masry se sont livrés à des actes de violence contre des supporters d’Al Ahly en visite au stade de Port Saïd. Les fans paniqués d’Ahly ont été attaqués avec des objets contondants, et beaucoup ont été tués dans un mouvement de foule alors qu’ils tentaient de s’enfuir.

L’an dernier, huit supporters ont perdu la vie lors d’une débandade lors d’un match au Malawi, tandis que le même nombre de personnes sont mortes lors d’une finale de coupe au Sénégal.

En juillet 2017, deux fans ont été tués en Afrique du Sud lors d’un mouvement de foule à l’entrée d’un stade pour un match amical d’avant-saison entre les Kaizer Chiefs de Soweto et les Orlando Pirates à Soccer City, où s’était déroulé la finale de la Coupe du Monde 2010.

Ce ne sont là que quelques-unes des affreux accidents dans les stades africains. D’après l’analyse, la plupart des décès découlent d’un mauvais maintien de l’ordre, comme par exemple les tirs de gaz lacrymogène de la police sur la foule.

Puis il arrive comme on l’a souvent vu que la foule s‘élance souvent vers les seules sorties disponibles.
Il a été établi qu’en raison de systèmes de billetterie médiocres, la plupart des stades n’ont que quelques portes ouvertes et d’autres verrouillées. Pourquoi n’y aurait-il que 3 portes ouvertes dans un stade de 60 000 places avec plus de 20 portes ?

Il y a une culture de la négligence qui doit cesser. Les experts attribuent ces catastrophes du football à une combinaison de mauvaise sécurité et de mauvaise gestion des stades qui reflète une “indifférence générale pour le confort et la sécurité des gens qui viennent regarder”.

Cette manie de la police d’utiliser des gaz lacrymogènes devrait être interdite, car il est évident qu’elle ne fait rien d’autre que provoquer des calamités et des paniques. La gestion des stades et le contrôle des foules doivent également être mis aux normes internationales, conformément aux directives de la FIFA.

Mais il y a aussi le plus gros problème, c’est le hooliganisme et la violence des spectateurs, qui ont déclenché la plupart des tragédies. La lutte contre de tels comportements indisciplinés s’est avérée difficile pour les responsables de la sécurité, mais elle peut être réglementée équitablement par la mise en place de clôtures pour empêcher les supporters de courir sur le terrain et l’installation de dispositifs pour empêcher les supporters de se déplacer latéralement – ce qui exige, en définitive, un niveau élevé d’ordre et de contrôle de la foule.

En fin de compte, quelles que soient les contraintes sociétales ou économiques, les gouvernements, les fédérations et les supporters de football africains ont une énorme responsabilité et, en fait, un devoir, en faisant de nos stades des lieux sûrs pour regarder du football.

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