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Nettoyer les plages tunisiennes : le défi de Mohamed Oussama

Nettoyer les plages tunisiennes : le défi de Mohamed Oussama

Tunisie

Armé d’une dizaine de sacs-poubelles, Mohamed Oussama Houij est déterminé à relever le défi de parcourir 300 kilomètres à pied en pleine canicule et nettoyer 30 plages sur son chemin.

C’est depuis le mois de juillet que ce jeune ingénieur sanitaire a entamé son périple de deux mois visant à sensibiliser les autorités et les vacanciers sur l’importance de ne pas faire de la mer une poubelle.

“Jusque-là, j’ai vu le large panel de la pollution. Ça commence par la pollution des ménages, les personnes qui viennent en mer, ils laissent leurs déchets et ils repartent. Ca va à la pollution des organismes locaux tels que l’ONAS (Office nationale de l’assainissement) ou la STEG (Société tunisienne de l‘Électricité et du Gaz) qui sont en train soit de déverser des eaux [usées ou contaminées] qu’ils ont utilisé dans un processus, ça, c’est la STEG, dans son état brut en mer, ce qui est très polluant, ou le traitement [des eaux] de l’ONAS qui est incomplet.” Explique l’activiste écologiste.

Donc l'action de 300 kilomètres ce n'est vraiment pas de nettoyer parce que je sais que je ne suis qu'une simple épingle dans un truc énorme. Mais réellement, je veux sensibiliser les gens à ce problème

Dans un rapport publié en juin, le Fonds mondial pour la nature estimait que “la mer Méditerranée se transforme en un dangereux piège de plastique, avec des niveaux record de pollution qui mettent en danger les espèces marines et la santé humaine”.

Le problème de la prolifération des déchets s’est aggravé en Tunisie, après la révolution de 2011, causée par l’absence durant sept ans au pouvoir des élus locaux, mais aussi de l’incivisme et l’absence de conscience environnementale chez les citoyens, a expliqué le ministre de l’Environnement Riadh Moukher.

‘‘Le relationnel avec les citoyens fait varier les choses d’un extrême à un extrême. Donc on a des choses très bonnes, des personnes qui sont très actives, qui t’encouragent, qui sont là, qui viennent avec toi pour nettoyer, qui t’accueillent, et on a des personnes qui tuent toute envie en toi.” Ajoute-t-il.

Le manque de volonté…

L’activiste relève par ailleurs, le manque de volonté. Selon lui, ‘‘les autorités ne prennent pas comme il se doit le problème de la pollution en Tunisie, il n’y a pas vraiment de bonne volonté!’‘.

Au contraire, certains gardiens privés surveillant les plages l’empêchent de passer et exigent de le fouiller – le souvenir d’un assaillant arrivé avec un sac à dos et qui avait fait 38 morts sur une plage de Sousse en 2015 est encore vivace -.

Marqué par les cadavres de tortues – il en a trouvé plus d’une trentaine -, les plages sont également jonchées de bouteilles en plastique et de couches de bébés, Mohamed Oussama répertorie “toutes les formes de pollution qu’on est en train de faire subir à la mer”.

“J’ai vu le large panel de la pollution qui commence par la pollution domestique des gens qui viennent à la plage en passant par la pollution industrielle” des sociétés privées et publiques, déplore-t-il.

En 2017, Mohamed Oussama Houij avait déjà lancé une action citoyenne similaire dénommée “Zabaltouna” pour dénoncer la pollution des rues.

Le jeune homme de 27 ans parti de Mahdia dans l’Est tunisien terminera son parcours sur la plage de Soliman, à 40 km de Tunis, la capitale, après avoir nettoyé des plages bondées comme celle de Dar Chaabane à Nabeul mais aussi de petites criques plus secrètes.

AFP

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