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Congo : une institution de l'ONU réclame la libération de l'opposant Okombi-Salissa

Congo : une institution de l'ONU réclame la libération de l'opposant Okombi-Salissa

Congo

Pour le groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, la détention de l’ancien partisan du président Sassou-Nguesso, André Okombi-Salissa est « arbitraire ». L’institution en appelle ainsi à la libération de l’opposant.

Du fond de sa cellule de la Direction de la surveillance du territoire (DST), service de renseignements congolais, André Okombi-Salissa doit se sentir conforté. Et peut-être commencer à rêver de sortir de prison. Tant l’opposant et ancien fidèle du président Sassou-Nguesso vient de bénéficier d’un soutien, pas des moindres.

Dans un communiqué rendu public récemment, le groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU n’a pas lésiné sur les concepts pour dénoncer une détention « arbitraire ». Visiblement satisfait de cette position, le camp de l’opposant s’est vite procuré le communiqué.

« Son immunité parlementaire a bel et bien été violée. Sa garde à vue, qui a duré 13 jours, est d’une durée largement supérieure aux prescriptions légales et arbitraire. Son assignation à résidence qui a été préalable à son interpellation amène aussi à conclure que la procédure de flagrance est irrégulière. L’avis du groupe de travail souligne aussi que ses conditions de détention sont particulièrement difficiles et qu’il n’a jamais été entendu par le magistrat ou une quelconque autorité», a déclaré Maître Stéphanie Le Meignen, avocate d’André Okombi Salissa citée par RFI.

Bientôt le bout du tunnel ?

Ainsi, fort de cela, l’optimisme semble désormais de mise. « Je pense qu’une pression internationale – par l’ONU, nous sommes aussi en train de voir avec (NDLR) la commission africaine des droits de l’homme – peut amener, oui, à un aboutissement juste parce que M. Okombi n’aurait jamais dû être incarcéré », a ajouté Maître Stéphanie Le Meignen.

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C’est depuis le 23 janvier 2017 qu’André Okombi-Salissa est en détention préventive. Il est poursuivi pour atteinte à la sûreté de l‘État et détention illégale d’armes et munitions de guerre. Mais, avant cette détention, Okombi-Salissa faisait partie des fidèles les plus dévoués à Denis Sassou-Nguesso.

Et pourtant, au commencement, une fidélité sans faille

Une fidélité qui se traduisit par la manière dont il dirigea le « Front 400 », une frange de la milice pro-Sassou appelée « Cobras ». Selon des témoins, ce Front 400 aurait joué un rôle important dans la guerre civile qui opposa en 1997 l’actuel chef de l’État congolais (alors à l’opposition) appuyé par des troupes étrangères dont les puissantes FAPLA de l’Angola aux forces armées régulières appuyées par les milices de l’ancien président Pascal Lissouba.

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Faisant partie des vainqueurs de cette guerre sanglante (près de 3 000 morts), Okombi-Salissa sera nommé ministre de Sassou et député du Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) de 1997 à 2015, date du divorce. Divorce né de l’opposition d’Okombi au changement de la Constitution de 2002 et surtout de sa candidature à la présidentielle de 2016 remportée par Sassou-Nguesso.

Okombi-Salissa devrait être jugé, comme promis par Denis Sassou-Nguesso en décembre dernier, au premier trimestre de cette année en compagnie de bien d’autres acteurs politiques dont le général Jean Marie Michel Mokoko poursuivi pour les mêmes motifs. Si ce dernier a été jugé et condamné en mai dernier à 20 ans de prison ferme, le jugement d’Okombi-Salissa tarde à se réaliser. Aucune explication officielle n’est pour l’instant disponible.

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