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Le cuir de poisson, le pari fou d'un tanneur kenyan

Le cuir de poisson, le pari fou d'un tanneur kenyan

Kenya

Transformer de la peau de poisson en cuir, c’est le pari fou de Newton, un tanneur basé à Kisumu, troisième ville du Kenya.

C’est ici aux abords du lac victoria que l’entrepreneur a installé ses locaux. Chaque jour, la peau de ces poissons est recyclée et transformée en cuir pour créer des sacs à main, portefeuilles, chaussures, casquettes et vestes.

Une fois les écailles enlevées, la peau de poisson sèche pendant une journée au soleil, Newton peut maintenant commencer à tanner. Première étape la macération dans un tambour, puis il faut retirer la chaire restante, avant de pouvoir étirer le tout.

“Voici maintenant ce qu’on appelle la croûte de cuir, du cuir de poisson”, déclare le tanneur.

"Si nous avons des poissons, pourquoi nous ne pourrions pas être fiers de nos poissons et en profiter économiquement et en être fiers. Quand je porte mes chaussures et ma veste, je suis heureux et fier."

Créée en 2012, son entreprise, qui emploie aujourd’hui 12 personnes, forme également plusieurs jeunes au métier de la tannerie. La quantité de déchets générés par le secteur poissonnier lui a donné l’idée d’ouvrir sa propre entreprise.

‘‘À Kisumu, nous avons plusieurs entreprises de filetage. Les entreprises de filetage de poissons, produisent près de 150 000 tonnes métriques de déchets de poisson. 80 % de ces déchets sont en réalité des peaux de poissons. Avant, la peau de poisson était jetée.” Raconte-t-il.

Les produits sont entièrement réalisés sur place, du tannage à la confection artisanale d’articles de mode.

Les prix des articles varient selon la taille ; mais toujours à des prix à la portée de tous. Une paire de chaussures coûte environ 1.500 shillings soit 13 euros et les blousons pour 2.000 shillings soit 17 euros.
Newton Owino veille à ce qu’il en soit ainsi pour que ses employés puissent avoir accès à leur propre production : “En plus de créer des emplois pour les habitants des bidonvilles, nous proposons également des produits en cuir qu’ils peuvent s’offrir”, explique-t-il.

Newton Owino assure être le seul à n’utiliser aucun produit chimique dans son processus de tannage.

Il ambitionne à présent de créer dans les cinq prochaines années, une école de fabrication du cuir.

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