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Ouganda-taxe sur les réseaux : des groupes déposent une plainte

Ouganda-taxe sur les réseaux : des groupes déposent une plainte

Ouganda

La nouvelle taxe de l’Ouganda sur les réseaux sociaux essuie les critiquée des militants et des citoyens qui disent que le prélèvement imposé porte atteinte à la liberté d’expression.

Les Ougandais paieront maintenant 200 shillings (0,0517 dollar) par jour pour accéder à Facebook, Twitter, WhatsApp, YouTube, Skype et d’autres applications téléphoniques en vertu de la taxe introduite dimanche (1er juillet).

Rosebell Kagumire, militante des droits de l’homme et blogueuse, affirme que la taxe affectera également les recettes collectées par les entreprises qui dépendent des plates-formes en ligne pour fonctionner.

“Ce n’est pas utile, ce n’est pas bon pour la liberté d’expression, ce n’est pas bon pour l’inclusion sociale, pour les personnes qui sont exclues des opportunités parce que nous fonctionnons dans une économie connectée. Alors pour les gens qui écrivent, beaucoup de gens que je vois, la majorité des gens avec lesquels j’interagis sont des gens qui utilisent des VPN (Virtual Private Networks) pour contourner cette taxe”, a-t-elle déclaré.

Le gouvernement affirme que les recettes aideront à financer l‘énergie, les transports et d’autres projets, tandis que le président Yoweri Museveni défend la taxe, assurant que les Ougandais utilisaient de telles plates-formes pour “mentir” et gaspiller les devises du pays pour payer des souscriptions à des compagnies de télécommunications étrangères.

Amnesty International a appelé lundi le gouvernement à abolir la taxe et déclaré qu’il s’agissait d’une tentative d‘étouffer la dissidence, déguisée en mesure pour générer des revenus.

Au pouvoir depuis 1986, Museveni, 73 ans, est de plus en plus critiqué par des groupes locaux et internationaux de défense des droits humains qui l’accusent d’utiliser les forces de sécurité pour réprimer l’opposition et d’autres critiques.

Les militants ont déposé une requête contre la taxe auprès de la Cour constitutionnelle lundi (2 juillet).

Eron Kiiza est le principal avocat des plaignants.

“La liberté d’expression, la liberté économique, le progrès des affaires sont tous étouffés par cette taxe et nous pensons que c’est un bon dossier à contester devant la Cour constitutionnelle parce que la Constitution garantit l‘égalité. Elle garantit les droits économiques. Elle garantit l‘équité et tous ces principes sont piétinés par cette taxe sur les réseaux sociaux”, a déclaré Kiiza.

Les Ougandais ont exprimé leur colère dans les médias locaux. Certains disent que la taxe restreint leur droit d’accès à l’information, tandis que d’autres affirment que cela équivaut à une double imposition parce que les données utilisées pour accéder aux réseaux sociaux sont déjà imposées.

Les partis de l’opposition et d’autres critiques estiment que le gouvernement du président Museveni impose des taxes onéreuses pour financer des dépenses inutiles tout en échouant à endiguer la corruption.

D’autres dénoncent la taxe sur Twitter en utilisant le hashtag #ThisTaxMustGo (en français #CetteTaxeDoitPartir).

Sur les 41 millions d’Ougandais, 23,6 millions sont abonnés à la téléphonie mobile et 17 millions utilisent Internet. Les coûts des données en Afrique sont déjà parmi les plus élevés au monde, selon le groupe de défense numérique World Wide Web Foundation.

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