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RDC : les forces de sécurité accusées de crimes au Kasaï par l'ONU

RDC : les forces de sécurité accusées de crimes au Kasaï par l'ONU

République démocratique du Congo

Les forces de sécurité et certaines milices ont été accusées par l’ONU de crimes de guerre et crimes contre l’humanité en République démocratique du Congo.

Selon des experts ayant enquêté sur les atrocités commises dans le Kasaï depuis 2016, le bilan humain de la crise est particulièrement lourd.

“Des milliers de personnes ont été tuées, d’autres ont dû fuir de leur localité pour se mettre à l’abri. Nous avons besoin de les aider pour se reconstituer. Ils ont tout perdu. Ils n’ont même pas pu produire durant plusieurs saisons. Si la communauté internationale ne fait rien, la situation va se détériorer.” A expliqué Yves Aklamavo, membre du Programme alimentaire mondial au Congo.

Mandatés en juin 2017 pour un an par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, ils appellent au désarmement immédiat des milices et à la mise en place d’un processus de réconciliation afin d‘éviter une nouvelle vague de violences.

Les forces de défense et de sécurité, la milice Kamuina Nsapu et les milices Bana Mura ont délibérément tué des civils, dont de nombreux enfants. Ils ont commis de nombreuses atrocités, notamment des mutilations, viols et autres formes de violences sexuelles, ainsi que des destructions de villages.

‘‘Nous avons échappé à la mort. Nous demandons à Dieu de nous protéger, de nous garder en sûreté. Quand nous avons été attaqués, nous avons fui pour nous cacher dans les buissons’‘. Raconte Jean-Pierre Kashila, artisan, personne déplacée.

Les enquêteurs, dont le rapport sera présenté le 3 juillet au Conseil des droits de l’homme, ont mené des enquêtes auprès de 524 victimes, témoins, auteurs présumés et autres sources. Des documents, photographies et vidéos appuyant les témoignages ont été collectés.

Selon le rapport, les attaques menées par les forces de défense et de sécurité, la milice Kamuina Nsapu et les milices Bana Mura “ont été menées contre les populations civiles avec un caractère généralisé ou systématique, et dans la poursuite de la politique d’un Etat ou d’une organisation ayant pour but une telle attaque”.

La vague de violences au Kasaï s’inscrit dans un contexte nationale de tensions autour de l‘élection présidentielle, désormais fixée au 23 décembre 2018. Mais selon les enquêteurs de l’ONU, “peu d‘éléments de preuve permettent de conclure qu’il existe une connexion directe” entre les deux.

La région du Kasaï a été le théâtre d’un violent conflit depuis la mort en août 2016 du chef traditionnel Kamuina Nsapu.

Le bilan des affrontements entre les milices et forces de sécurité, est de plus de 3.000 morts et 1,4 million de déplacés.

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