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Don de sang : combattre les idées reçues

Don de sang : combattre les idées reçues

Congo

Donner son sang est un geste qui peut sauver des vies…et Sardou en a pleinement conscience : tous les 3 mois, le jeune homme donne son sang. Un événement tragique est à l’origine de son geste. “J’ai décidé de donner mon sang aujourd’hui parce qu’un de mes amis a perdu sa mère à cause d’un manque de sang. Et ça m’a touché de le voir tout triste. Et aussi, le curé de notre paroisse est quelqu’un qui se bat beaucoup pour le don de sang. Du coup à chaque fois, il prêche à l‘église pour le don de sang.”

Même si certains n’hésitent pas à donner leur sang, d’autres sont plus réticents… Au Congo, comme dans la plupart des pays d’Afrique, on manque cruellement de donneurs. Peur de l’aiguille peut-être… Mais pas seulement, comme l’explique le docteur Jean-Pierre Pambou, qui dirige le Centre régional de transfusion sanguine de Pointe-Noire au Congo.

“Parmi les facteurs qui constituent un frein au don du sang, il y a des considérations purement culturelles. Quelque part aussi, les gens pensent que le sang est mystique, donc ils mystifient le don de sang autour de leurs croyances. Il y a aussi le fait que les gens pensent que le don de sang est vendu. Il s’agit en réalité d’un coût forfaitaire fixé par le gouvernement, c’est une contribution de la population pour nous permettre de renouveler ces produits et le matériel.”

Les conséquences de cette pénurie de sang sont désastreuses pour les malades. Pour sensibiliser la population, les banques de sang peuvent compter sur la mobilisation de la société civile. Le pays a aussi dû avoir recours à une méthode originale en vigueur ailleurs sur le continent : le système du remboursement ou de remplacement. Lorsqu’un malade a besoin de sang, il lui faut trouver un donneur parmi ses proches pour remplacer la poche de sang utilisée.

“Au Congo, nous avons a besoin de 6 000 poches de sang tous les mois pour sauver toutes les vies. La mobilisation commence à augmenter. Depuis 4 mois, nous avons atteint nos objectifs, il n’y a plus de ruptures. Mais c’est aussi grâce à ce système de remboursement qui constitue un filet de sécurité”, explique Pascal Loemba, dont la fondation sensibilise la population sur sur le don de sang.

Partout, dans le monde, les réserves de sang sont insuffisantes. Les pays ont donc recours à des systèmes variés pour inciter la population à donner son sang. Aux Etats-Unis ou en Tanzanie par exemple, les donneurs de sang sont rémunérés… Une marchandisation du corps qui fait débat et qui reste taboue… Tant que la science ne sera pas parvenue à créer du sang artificiel la pénurie continuera de poser problème. En attendant, il reste la sensibilisation à grande échelle.

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