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Côte d'Ivoire : vivre sans eau, le supplice des populations de Bouaké

Côte d'Ivoire : vivre sans eau, le supplice des populations de Bouaké

Côte d'Ivoire

Sans eau depuis trois mois, les habitants de Bouaké en Côte d’Ivoire ne savent plus où donner de la tête.

“Il n’y a plus l’eau. Le robinet même dedans est devenu sec. Quand tu ouvres même là, rien. C’est cafard qui sort du robinet là. Vraiment, on a besoin d’eau. Vous-même, vous constatez que matin, on a un problème d’eau même.” Déclare Honorine Babalou, couturière.

“On souffre, la population souffre trop. On ne nous donne pas d’eau, on donne l’eau au château (quartier). C’est aujourd’hui seulement, ils sont venus au quartier pour nous donner l’eau.” Ajoute indignée, Chagata Soro, commerçante.

Des plaintes comme celles d’Honorine et de Chagata, il y en partout ici à Bouaké, deuxième ville de la Côte d’Ivoire en terme de population. Depuis bientôt trois mois, la population est ici confrontée à une pénurie d’eau liée au réchauffement climatique. Le lac du barrage de la Loka qui fournissait les 3/4 de l’eau de la ville est à sec ou presque et ses 28 millions de m3 se sont considérablement réduits.

On peut passer deux, trois jours sans se laver. Avant on buvait l'eau du robinet. Aujourd'hui, nous les adultes, on se prive, mais les enfants ne comprennent pas. On est obligé d'acheter de l'eau minérale. Elle a augmenté de 400 (60 centimes) à 800 (1,2 euros). On dépense plus, on va faire faillite.

Avec ses 800.000 habitants, la situation de Bouaké est critique. Les agriculteurs tout comme les éleveurs ont perdu une grosse partie de leur production et bétail.

Le maire de la ville, située dans le centre de la Côte d’Ivoire, espère une solution “durable” d’ici deux ans avec le raccordement de l’ancienne capitale de la rébellion au lac de Kossou, à une centaine de km.

Une opération qu’il estime à une trentaine de milliards de francs CFA, soit environ 45 millions d’euros qui devraient être financés en partie par la Banque Mondiale.

Mais en attendant, des forages ont été lancés dans plusieurs quartiers et la distribution d’eau par camions-citernes s’organise.

“Nous rentrons dans une période de rationnement de l’eau et cette eau sera rationnée jusqu‘à la mise en place de la solution définitive qui est de relier la ville de Bouaké au Lac de Kossou.” Explique Nicolas Djibo, maire de Bouaké.

Chaque jour, des centaines de bassines, seaux et tonneaux font la queue devant les forages pour la distribution d’eau, parfois sous un soleil de plomb.

L’absence de ces camions de distribution amène les habitants à se tourner vers des sources alternatives comme les puits ou les marigots.

Les récriminations, plus vindicatives les unes que les autres se font désormais entendre dans les rangs de la population qui brandit désormais la menace des maladies causées par l’eau non-potable.

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