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Crise en RDC : ces discussions qui pourraient encore agacer Kinshasa

Crise en RDC : ces discussions qui pourraient encore agacer Kinshasa

République démocratique du Congo

Bien que leurs séjours ne soient pas programmés aux mêmes dates, Joao Lourenço et Paul Kagame devraient discuter quasiment de la même question avec les autorités belges : la RDC. De quoi susciter encore une réaction cinglante de Kinshasa.

D’après Jeune Afrique (JA), le président angolais effectuera une visite officielle en Belgique du 3 au 5 juin. João Lourenço aura des discussions avec ses hôtes dont le Premier ministre Charles Michel et le vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères, Didier Reynders.

Et après lui, ce sera au président rwandais de fouler le sol bruxellois. Paul Kagame devrait y séjourner du 4 au 6 juin, à l’occasion des Journées européennes du développement. Parmi les personnalités à rencontrer, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président du Conseil européen, Donald Tusk et le président du Parlement européen, Antonio Tajani.

Deux chefs d’Etat qui défraient la chronique ces derniers temps. En raison principalement de la « bonne chère » à laquelle ils ont eu droit du côté de Paris de la part d’Emmanuel Macron avec lequel ils ont parlé de la crise politique en RDC.

“Nous partageons les mêmes préoccupations et les mêmes volontés. La France viendra en soutien des initiatives des pays de la région et de l’Union africaine qui est de faire appliquer les accords (de la Saint-Sylvestre 2017)”, avait déclaré le président français devant la presse.

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Justement, c’est cet accord conclu le 31 décembre 2016 qui est à la base de la crise politique qui frappe de plein fouet la RDC. Arrivé au pouvoir en 2001 suite à l’assassinat de son père Laurent Désiré Kabila qui avait défait les forces armées zaïroises (FAZ) du puissant Mobutu en 1997, Joseph Kabila a été élu en 2006 avant d‘être réélu pour un deuxième mandat en 2011. Ce devrait être le dernier, car la constitution congolaise interdit de briguer un troisième mandat consécutif.

Mais, le calendrier électoral a connu un glissement qui a plongé le pays dans une crise marquée par la répression sanglante des manifestations. Le 31 décembre 2016, membres du pouvoir, acteurs de la société et représentants de l’opposition vont conclure un accord qui va fixer les élections au 23 décembre 2017. Un nouveau glissement intervient. Nouvelles manifestations, nouvelles répressions, nouvelle crise.

Une autre provocation à l’encontre de Kinshasa ?

Or, si quelques avancées (fichier électoral, audit de la machine à voter, etc.) sont déjà visibles s’agissant des préparatifs du scrutin fixé au 23 décembre prochain, de nombreux observateurs redoutent une troisième candidature de suite de Joseph Kabila. Macron et Lourenço souhaitent la tenue le 23 décembre des élections « auxquelles Joseph Kabila n’aurait pas à participer », selon le président français.

Réagissant à ces discussions, le ministre de la communication Lambert Mende n’a pas tardé à dénoncer un complot « à ciel ouvert » contre son pays. Déclaration suivie de la convocation par le ministre des Affaires étrangères Léonard She Okitundu des ambassadeurs d’Angola, du Rwanda et de la France.

Dès lors, comme laissent entendre de nombreuses sources diplomatiques, la question de la RDC peut encore être abordée lors des séjours de Kagame et Lourenço, la colère des autorités congolaises qui n’aiment pas qu’on parle de la RDC sans les Congolais, pourrait se décupler.

Se décupler certes, mais, pour quel résultat ? Là est toute la question, tant il s’agit des rapports de force sur tous les plans. Et la RDC semble au point. « Notre armée est mieux équipée et notre peuple plus aguerri qu’avant », déclarait récemment Lambert Mende pour dénoncer la rencontre des présidents angolais, rwandais et français.

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Mais, la force militaire est loin d‘être suffisante pour un complot à ciel ouvert », car lorsque des pays se liguent pour décider du sort d’un voisin, cela traduit ostensiblement l’isolement de ce dernier. Et même si le paternalisme n’est plus de mise de nos jours selon des analystes, parler avec une puissance occidentale de son ancienne colonie peut parfois faire penser à une sorte de demande d’aval.

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