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Tchad : des opposants libérés après deux mois de détention au secret

Tchad : des opposants libérés après deux mois de détention au secret

Tchad

Trois opposants détenus au secret depuis fin mars dans le sud du Tchad ont été libérés samedi soir

Ils ont été libérés à Moundou, dans la deuxième plus grande ville du pays, a indiqué Joseph Dadjnadji , président du parti Cadre d’action populaire pour la solidarité et l’unité de la République (CAP-SUR)

Ce dernier a déclaré à l’AFP que les ex-prisonniers ont déjà regagné leurs familles” et qu’ils “sont un peu fatigués”, déplorant les leurs conditions de détention.

Le mandat de l'ANS a été élargi en janvier 2017 : ses agents peuvent désormais arrêter des défenseurs des droits humains pour des motifs liés à la sécurité nationale. L'ANS arrêtait et détenait déjà illégalement des personnes dans des lieux non-officiels. (...)

Pendant leur détention, ils n’ont pas eu accès à un avocat et leurs proches ne savaient pas où ils étaient, dénonce le président de CAP-SUR qui parle d’une procédure “extrajudiciaire”.

Les trois opposants libérés sont deux membres du parti CAP-SUR et un collaborateur d’un autre parti d’opposition.

Ils avaient été enlevés dans la nuit du 17 mars par des agents de l’Agence nationale de sécurité (ANS) alors qu’ils se trouvaient au commissariat de Doba. 

Selon plusieurs rapports, ils étaient venus y porter plainte contre X après la circulation d’un tract dont- ils démentaient être les auteurs. Le texte appelait la population de Doba à la révolte et à tuer “les autorités”.

“Personne ne peut être enlevé ou séquestré. Si un citoyen commet une infraction, il passe devant le juge”, avait déclaré le ministre de la Sécurité, Ahmat Mahamat Bachir, joint au téléphone depuis Libreville.

Deux autres personnes ont été aussi libérées samedi soir. Selon M. Dadjnadji, qui n’a pu confirmer leur identité, elles avaient été “enlevées deux semaines plus tard” que les trois opposants et leur arrestation était liée à la même affaire.

Amnesty International, dans un rapport publié en septembre dernier, dénonce une “répression (…) en grande partie” orchestrée par ce service de l‘état.

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