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Congo : l'accusé Dabira et le témoin Nyanga-Mbouala se neutralisent devant la barre

Congo : l'accusé Dabira et le témoin Nyanga-Mbouala se neutralisent devant la barre

Congo

Lors de la troisième audience du procès du général Norbert Dabira, un proche du président Sasosu poursuivi pour atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, le témoin clé, le général Nyanga-Mbouala Ngatsé a lourdement chargé Dabira. Mais le prévenu ne s’est pas laissé faire.

Offensive de Nyanga-Mbouala, contre-offensive de Dabira. À la guerre, comme au tribunal….Le spectacle était hier à couper le souffle tant par la gravité des déclarations ou dépositions que par le côté quelque peu loufoque de cette affaire qui renvoie dos à dos deux officiers généraux qui doivent en partie leur ascension militaro-politique à un homme issu d’un même coin qu’eux.

L’affaire, c’est l’atteinte à la sécurité intérieure de l‘État dont le général Norbert Dabira est accusé par la justice congolaise. Son tort ? Un projet de destitution du président congolais. S’il existe des coups d’État sans effusion de sang comme au Zimbabwe en novembre dernier ou en Tunisie en 1987, le présumé projet de Dabira devrait coûter la vie à des Congolais. Notamment Sassou-Nguesso dont l’avion devrait être abattu au décollage ou à l’atterrissage. « L’homme des masses » (comme l’appellent ses partisans) aurait quitté ce monde comme Juvenal Habyarimana au Rwanda en 1994.

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Mais, Sassou-Nuesso a eu la vie sauve grâce à la « vigilance » des services de renseignements. Ces professionnels de la sûreté auraient en effet intercepté une conversation téléphonique dans laquelle les deux généraux se seraient proposé d’abattre l’avion dans lequel devait se trouver Sassou-Nguesso à son retour d’Oyo.

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Invité à comparaître comme témoin, Nyanga-Mbouala ne s’est pas empêché de charger son « frère » d’armes. « Il m’a dit que nous avons souffert dans ce pays, le président de la République est en train de s’occuper de ses enfants et parents. Il m’a également parlé de l’avenir des Mbochis (ethnie des deux généraux et du président Sassou, Ndlr), il faut qu’on pense à l’après Sassou et j’ai dit non, lui demandant d’attendre seulement la fin de son mandat pour aller le déposer à Oyo, au lieu de le tuer», a déclaré Nyanga-Mbouala cité par Les Dépêches de Brazzaville, un quotidien jugé proche du régime de Brazzaville.


Le général Nyanga-Mbouala

L’ancien directeur de la sécurité présidentielle a aussi l’actuel ministre de l’intérieur Raymond Mboulou à qui Dabira aurait « mal parlé » de Sassou dans un vol en partance pour Paris en 2017. Réponse de Dabira : « c’est Nyanga-Mbouala Ngatsé qui cogitait de déposer le président Denis Sassou Nguesso dans sa ville natale d’Oyo. Je l’ai dissuadé en lui disant que l’homme ne se laissera jamais faire ».


Le général Dabira

Mais, qui des deux a dit la vérité ? C’est peut-être ce vendredi lors de l’ouverture des scellés (écoute des conversations téléphoniques par exemple), des plaidoiries et des réquisitions, que ce procès devrait faire toute la lumière sur « l’atteinte à l’intégrité physique du président Denis Sassou Nguesso ».

D’autres procès pour les mêmes chefs d’accusation devraient s’ouvrir prochainement.

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