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Burundi : un cadre du parti au pouvoir incarcéré pour "incitation à la haine"

Burundi : un cadre du parti au pouvoir incarcéré pour "incitation à la haine"

Burundi

Melchiade Nzopfabarushe, cadre du parti au pouvoir au Burundi est écroué depuis dimanche pour “incitation à la haine” après avoir tenu des propos menaçants envers les opposants au référendum constitutionnel du 17 mai, selon des sources policières et judiciaires.

Cet ancien chef de cabinet adjoint du président Pierre Nkurunziza et ancien vice-président des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir, avait proféré ces propos à la mi-avril lors d’un meeting près de Bujumbura.

Il avait déclaré avoir été “envoyé” par le parti CNDD-FDD, au pouvoir, et avait en substance prévenu les partisans du non au référendum qu’ils pourraient finir au fond du lac Tanganyika.

Un enregistrement vidéo de ce discours a récemment été diffusé sur les réseaux sociaux, suscitant de nombreuses réactions des internautes, et le CNDD-FDD s’est dimanche officiellement désolidarisé de M. Nzopfabarushe.

Des déclarations rejetées par le parti au pouvoir qui a répliqué aussitôt, les paroles du mis en cause sur les réseaux sociaux.

Poursuivi pour « Atteinte à la sécurité intérieure et Menace contre les personnes », il écope de trois ans de prison et est condamné à payer une amende de 600 000 francs burundais, soit 342.67 dollars américains.

Il serait victime du système politique selon une source interne au parti – qui a requis l’anonymat – qui a toutefois minimisé la portée de ce geste en expliquant que M. Nzopfabarushe avait été “sacrifié sans états d‘âme, car il était en disgrâce depuis plusieurs mois”.

Il s’agit du premier responsable du parti au pouvoir arrêté pour de tels propos alors que plusieurs enregistrements vidéo et audio de cadres du parti circulent depuis des mois sur les réseaux sociaux, sans aucune conséquence pour leurs auteurs.

Des dizaines d’opposants, essentiellement membres de l’ex-rébellion des FNL d’Agathon Rwasa, ont été arrêtés depuis le lancement en décembre 2017 d’une campagne “d’explications” sur le référendum constitutionnel, qui devrait permettre au président Nkurunziza de rester au pouvoir jusqu’en 2034. 

La FIDH a dénoncé la semaine dernière “une campagne de terreur (de la part des autorités) pour contraindre la population à s’inscrire sur les listes électorales et à voter en faveur de la révision constitutionnelle”, accusant “de hauts responsables du parti au pouvoir, du gouvernement et de l’administration” de proférer régulièrement “des discours incendiaires”.

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