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Égypte : un journaliste emprisonné lauréat du Prix de la liberté de la presse de l'UNESCO

Égypte : un journaliste emprisonné lauréat du Prix de la liberté de la presse de l'UNESCO

Egypte

Le photojournaliste égyptien Mahmoud Abu Zeid emprisonné depuis 2013, a remporté ce lundi, le Prix Guillermo Cano pour la liberté de la presse 2018 décerné par l’UNESCO. Ce qui n’est pas du goût des autorités cairotes.

Le Prix Guillermo Cano a été institué en 1997 par l’UNESCO pour rendre hommage à tous ces hommes de médias qui font preuve de courage et de professionnalisme pour franchir de multiples obstacles à la liberté de la presse. Et cette année, le mérite revient au photojournaliste égyptien Mahmoud Abu Zeid.

“En décernant le Prix Guillermo Cano à Mahmoud Abu Zeid, l’UNESCO rend hommage à son courage, à sa résistance et à son attachement à la liberté d’expression”, a déclaré ce lundi, la présidente du jury de l’UNESCO, Maria Ressa.

Cette distinction est aussi un hommage rendu chaque année à Guillermo Cano, ce célèbre journaliste colombien assassiné en 1986 par des sbires du tristement célèbre baron de la drogue, Pablo Escobar.

Et s’il n’a pas eu affaire à des cartels de la drogue, Mahmoud Abu Zeid également connu sous le nom de Shawkan a été arrêté en 2013 alors qu’il photographiait les forces de sécurité dispersant un sit-in anti-gouvernemental, au cours duquel des centaines de manifestants et plusieurs membres des forces de sécurité ont été tués.

Aujourd’hui, plusieurs chefs d’accusation pèsent sur le journaliste. Le cas de l’appartenance aux Frères musulmans – confrérie interdite par Le Caire -, la possession d’armes à feu et le meurtre. Des motifs qui pourraient lui valoir une peine de mort en cas de culpabilité.

Des accusations que le journaliste nie, selon son avocat Karim Abd el-Rady. Même son de cloche du côté des ONG dont Amnesty International et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) qui estiment qu’Abu Zeid a été emprisonné simplement pour « avoir fait son travail de photojournaliste ».

Les autorités mécontentes

Des arguments qui sont loin de convaincre les autorités égyptiennes. “L’UNESCO a l’intention de récompenser une personne accusée de crime et soutenue par des organisations suspectes et des pays connus pour leur soutien au terrorisme”, a déclaré le président du Parlement, Ali Abdelaal.

“La nomination de l’accusé était motivée par un certain nombre d’organisations non-gouvernementales, notamment des organisations dominées par l‘État du Qatar, connu pour son soutien et sa défense permanente du groupe terroriste”, a renchéri un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères.

Pourtant, le Groupe de travail des Nations Unies se dit persuadé que l’arrestation et la détention du journaliste sont « arbitraires et contraires aux droits et libertés garantis par la Déclaration universelle des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ».

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